Candy Crush Saga, ou l’art de faire mouche avec du vide.

Candy Crush Saga, comme près de 46 million d’utilisateurs mensuel le savent déjà, c’est un jeu qui fut à la base développé en avril 2012 pour Facebook, et qui très vite (6 mois après) fut adapté sur les smartphones en tous genres, vue l’ampleur du succès. Le jeu est désormais le plus populaire des jeux sur Facebook, et fait partie du top 5 des applications de jeux les plus téléchargées sur Apple et Android à l’heure actuelle.

Candy Crush Saga (nous le nommerons CCS), ça consiste à faire des paquets de 3 bonbons de même couleur, au milieu d’une pléiade de bonbons de couleurs différentes. En gros tout est en vrac, et faut mettre de l’ordre. C’est un “match-three” game comme il en existe déjà des masses.

Mais alors pourquoi donc tant l’engouement pour un jeu si banal ? J’veux dire, on en arrive quand même à trouver des dizaines de groupes Facebook d’aide à la résolution de problèmes sur CCS (genre comme pour Zelda A Link To The Past quand on était petits, où on téléphonait aux centres d’aide pour qu’y nous sortent du fourré maudit), ou encore des communautés de gens dont le sermon fédérateur est qu’ils ne joueront JAMAIS au jeu pourtant si prisé par le plus grand nombre. CCS, pour sûr ça fait parler. Mais alors pourquoi ?

Eh bien tout simplement pour deux principales raisons :

– La première : un jeu SIMPLE. Eh oui. C’est une réussite à la sauce Loft Story à la belle époque, ou plus récemment Les Anges de la Télé Réalité, ou même C’est ma Vie ou Confessions Intimes. C’est facile, c’est mièvre, ça prend pas la tête, et ça fait se sentir trop fortiche et costaud. Bah pareil. A une époque où on est assaillis de mauvaises nouvelles, de considérations sérieuses et existentielles par tous les types de médias possibles, où la guerre fait rage au moyen orient et où des gens s’la jouent Farwest dans les petites rues des villes du Sud de la France, bah on finit par avoir envie de faire taire tout le monde et son cerveau avec. On a envie de dire ta gueule aux générateurs de prise de tête. Parce que des prises de tête, on en a déjà assez nous tout seul. Et en jouant à un jeu à la con, eh bien, ça fonctionne ; pendant quelques minutes, tout fout l’camp dans un coin de la tête, et ça fait du bien.

– La seconde : la MODE. Bêtement. À la Apple style. T’en entends parler, télé, radio, les potes, même dans la famille ou au boulot, et comme tu vois ça partout autour de toi, tu finis par te dire que c’est bien. Si tout le monde s’y met, c’est que la majorité doit avoir raison. Ce qui est d’ailleurs parfois vrai ! Mais malheureusement pas toujours. Y’a qu’à penser aux leggings motif galaxie ou aux stickers de casquette qu’il faut surtout laisser collés parce que ça fait plus hype.

Bref, Candy Crush Saga, c’est couillon, ça marche, et c’est tant mieux pour les développeurs de King.com.

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