Et si déjà je commençais par le commencement ?

Bon qu’on soit d’accord (ça fait agressif comme début de billet hein! La fille pas gentille! J’SUIS PAS GENTILLE MOI MONSIEUR!), je n’compte absolument pas me plaindre ! Nan mais parce que même si j’suis paumée professionnellement à l’heure actuelle, j’suis quand même SUPER heureuse de vivre et je prends ce “paumage” comme une opportunité de choisir réellement ce que j’veux faire. DONC RÉJOUISSONS-NOUS LES AMIS o/

Néanmoins, puis-je me permettre de discrètement pointouiller du doigt un PETIT élément presque insignifiant et d’ailleurs inutile MAIS malheureusement parfois déterminant et qui peut gâcher une vie qui s’intitule :

o/ L’orientation au lycée o/

BAH OUAIS ! Sérieux c’est quoi ce délire avec ce qu’on appelle communément la L, la ES et la S en lycée général et technologique ? (pour les vieux d’la vieille, L = Spé Littérature, ES = Spé Economique et Social, S = Spé Scientifique).
Parce que qu’on soit clairs, on choisit RAREMENT l’une des trois voies parce qu’on sent au plus profond de notre être que c’est là que l’on doit être.
Alors parfois oui ! J’avoue ! On peut avoir rêvé d’être véto depuis sa plus tendre enfance et aller en S parce que l’on sait que passer un Bac S est la condition sine qua non d’une possible entrée et réussite en école de véto, ou en fac de Bio, ou truc du genre.
Ou bien on peut être foutrement doué en langues, adorer voyager et décider de vouloir faire L parce qu’on sait définitivement que l’on fera de grandes ou petites études en Arts ou en Langues.
Enfin, on peut se diriger sciemment vers un Bac ES parce qu’on a toujours rêvé d’bosser dans l’commerce (?…) ou quelque chose comme ça.

Mais faudra avouer que la majorité d’entre nous, au lycée, a senti qu’une claire hiérarchie existait entre ces 3 voies.

S = Les plus forts

ES = Les moyens

L = Les hippies

Alors qu’on soit d’accord : je n’dis pas que c’est le cas ! JE SUIS MÊME ENTIÈREMENT ARCHI CONTRE CES CLICHÉS POURRIS UBER FAUX !!!! Nan parce que j’sais pas si vous avez/aviez des potes en L ou si vous-même vous y étiez, mais j’me rappelle la quantité de textes qu’mes amis avaient à s’avaler en première et en term, mais MON DIEU apprendre des analyses de textes dans l’genre, j’veux dire on peut pas être naturellement doué pour ça, ça demande du boulot DE OUF ! Plus les langues, plus la philo (pour laquelle qu’on soit d’accord on nous note RANDOM COMPLET!)… Bref les lettres, c’était pas du gâteau (demon temps du moins :D)… Contrairement aux maths qui n’sont généralement qu’une faculté innée qui n’demande aucun effort… (:D nan là je taquine les matheux CALMEZ VOUS CALMEZ VOUS!).
Donc dis pas que c’est vrai ! Je dis simplement que les profs, ou le personnel enseignant en général nous faisait bien ressentir que le mieux était d’aller en S, qu’il valait mieux pas finir en L et qu’si on savait pas quoi faire, qu’on était pas assez bon pour entrer en S mais pas assez nuls pour aller en L, fallait finir en ES.
Et clairement, quand on entendait les camarades parler en terminale, le classement S/ES/L était intégré plus ou moins consciemment par tous.

Et alors ne parlons même pas des gens qui partaient en CAP ou BEP ! Ces voies étaient dites “de garage”, et c’était pour les gens genre PIRES que les L vous imaginez ?! Alors qu’à l’heure actuelle, amusez-vous à mater autour de vous, mais les gens issus de “voies de garage” s’en sortent souvent mieux que ceux qui visaient les grandes études de ouf qui allaient “nous assurer un avenir pérenne”. Et mon cul, c’est du poulet.

C’comme moi ! J’ai fait 5 ans de psychologie, dont toutes branches de psy confondue, et me suis spécialisée en psychologie sociale, à savoir quand on étudie le comportement de l’individu en société, tout bêtement. Et pour ce faire, on utilise A BLOC de stats. Genre le truc que je détestais de ouf à l’école. T’façon je haïssais les maths. Et j’me suis traîné 2 de moyenne pendant toute la terminale. Et on m’avait dit “Mmmmmmmm, si tu veux faire psycho, faudra faire L. C’est TRES littéraire la psycho. Mais y’a beaucoup d’maths et des stats, S ça aurait été très bien aussi, les S s’en sortent bien en psycho…”.

Et moi, je réunissais le parfait combo ultime :

J’étais en ES

Donc ni en L, ni en S hein…

Je haïssais les maths et les stats

Malgré tout, parcourue par un souffle de courage et d’instinct, une intuition qui s’avéra fort bonne, j’me suis lancée en psycho.

6 ans après (oui j’ai chiée une année, mais j’y reviendrai) : j’suis psychologue spé socio, j’ai défoncé sa mère aux stats, j’ai été major promo sur mon année de spé et on a publié en bouquin un d’mes travaux d’recherches.

Bon c’est pas pour autant que j’suis à l’heure actuelle une éminente psychosociologue, pour l’instant je suis en transition, mais tout ça pour dire que MERDE, pourquoi ils nous effraient autant à l’école ? Pourquoi c’est leur kiffe de nous foutre la trouille sérieux ?

Vous vous rappelez pas ? (peut-être d’ailleurs que vous vous rappelez pas et qu’je suis la seule angoissée d’la vie à me rappeler de ces détails pourris) Genre quand on est arrivés en troisième année d’maternelle, DEJA, on a PRESQUE TOUS eu quelqu’un dans notre entourage qui nous a dit au moins une fois :

” Bon là l’école c’était d’la rigolade hein, mais attention là tu rentres en CP va falloir bosser !!!”

Et là on s’disait que l’année à venir allait être le bagne, l’année où l’enfance se termine, et où l’on passe aux choses sérieuses.

Total au CP tu continues à colorier, à faire du collage et à faire la fanrandole !

Peur pour rien, bravo o/

Fin CP, même combat : “attention, le CE1 c’est sérieux !”

Fin CE1 la même : “Attention l’an prochain c’est la dernière année avant le CM !!!”

Fin CE2 :”Attention, bientôt le CM1 ! Plus qu’une année ensuite et le collège !!!…”

Et là, la fin CM1, et l’annonce de la dernière année avant la fin de tout…

Et on nous raconte les ignominies les plus grandes sur le collège, comme quoi on va devoir apprendre à “gérer notre temps”, comme quoi “on aura plein de profs différents”, comme quoi “il faudra retrouver nos classes TOUS SEULS !!!!”, comme quoi “ça va être décisif pour notre avenir !”… BLA BLA BLA BLA !

Et puis on rentre au collège et là… Bah autant niveau cours, en général sauf exception, on s’dit “PUTAIN ! J’m’attendais à pire !”, autant au niveau de l’atmosphère sociale, on s’dit “Aoutch… 4 ans à passer là d’dans, j’risque fort de m’suicider avec un P’tit Suisse périmé d’ici là…” Mais ça c’est une autre histoire.

Bref, et puis le collège se finit, l’acné nous lâche enfin la grappe (ou pas), les nichons ont un peu poussés (ou pas), et on commence à s’trouver un style vestimentaire (qu’on croit!) en place.

Et vient le lycée, et ses choix de spé, et le Bac (haaaa le Bac ! Nous qui pensions que c’était la croix et la bannière!…). Et si au lycée y’a moins ou presque plus de questionnements existentiels (quand à la place qu’on occupe dans la cours de récré et la crainte des plus grands, parce que même si en seconde on est les plus petits, on se sent moins p’tits que quand on était les p’tits de sixième), arrivent les interrogations quant à notre avenir donc je parlais plus haut et qui vont nous casser les couilles les burnes les bonbons les pieds jusqu’à ce qu’on soit paisiblement installés dans une carrière pro sûre et en place. Et encore.

On a beau dire qu’la jeunesse c’est beau et qu’on est insouciants, la purée, c’est quand même rude parfois.

Et j’reviendrai à ces questions d’orientation dans un prochain billet. Ouais parce que comme si l’bac c’était une finalité t’sais ! Nan nan, c’est le début de tout !

Toubicontinuèd…

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