Les Européens, ces roumains de l’Océanie.

Tout d’abord, je tiens à préciser que je fais ici des généralités. Je parlerai donc d’une tendance qui, à mon sens est centrale. Bien entendu qu’il existera toujours des exceptions, et aussi nombreuses soient-elles, ce n’est pas de celles-ci donc je discuterai ici. J’aimerais donc ne pas avoir à lire des « oui mais c’est pas vrai parce que moi… . » ou bien des « Faux parce que mon cousin y… . ». Merci bien 😀

Voilà maintenant un brin plus de 4 mois que je suis en Australie.

J’y sus partie parce que je rentrais de mon Working Holiday Visa Canadien, et que ce retour en France était pour moi tellement bourré de mélancolie, que je m’étais jurée de repartir aussi vite que possible.

L’Australie, pourquoi ? Parce que tout l’monde disait que c’était sympa, que le visa était rapide à obtenir (une nuit, effectivement), et que l’idée de vivre 3 étés consécutifs, c’était plutôt alléchant j’avouerais. Puis Australie, pays anglophone, et donc une possibilité pour moi d’améliorer encore mon anglais, qui était déjà pas trop pire du fait de mon année Vancoverite.

Et puis, la Nouvelle-Zélande me tentait davantage… Mais parfois, dans la vie, faut faire des compromis.

Donc, Australie.

Quand on voit des reportages sur les jeunes français expatriés en Australie à la télé depuis ces dernières années (et bien que la France redoute la fuite de ses ressources vers d’autres puissances économiques), la voix off nous explique souvent que partir, même si c’est dur de quitter papa maman, la Citroën, les copains, ou de résilier son abonnement SFR, en général, arrivé là-bas (ici en l’occurrence), c’est le succès. Faut y’aller !

On trouve du travail facile, pour une paye souvent double par rapport à un SMIC français, et ce pour des petits boulots de serveuse ou femme de ménage. Les loyers sont pas excessifs comme à Paris ou à Londres, la bouffe est pas terrible, et puis y’a des requins dans l’eau et des grosses araignées, mais ça va ! Presque personne ne meurt ! Puis y’a les plages, les surfers, l’anglais qui est censé s’améliorer, et les gens parlent facilement et sont souriants pour rien.

Oui, les gens sourient et parlent ici. Si bien que, alors que tous les autres trucs que j’ai énoncé s’avèrent souvent biaisés, eh bien on reste ici, et on continue d’arriver, nous les expatriés. Parce que, comme dirait un réfugié bosniaque en France : « on préfère être pauvres ici qu’être chez nous, parce que chez nous, c’est encore plus la merde. »

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Alors bon, je dis ça, mais dès l’instant où j’ai commencé à chercher du taf arrivée à Melbourne, j’ai pour ainsi dire trouvé en quelques jours. Après quelques refus et autres claquasses inévitables (je fais une petite astérisque pour vous renvoyer, chers lecteurs, à mon article à propos de l’expérience du Latte raté), j’avais repéré un nouveau resto sur une rue près de chez moi ; un resto qui n’avait pas d’enseigne, mais une citation d’Optimus Prime (Transformers), disant « Freedom is the right of all sentient beings. », signifiant que la liberté est le droit de tous les êtres « dotés de sensations », littéralement. Pour un resto végétarien donc. Et je trouvais ça super classe. J’y ai donc postulé, et y ai été recrutée sans discussions aucunes 2 jours après. Payée 17 dollars de l’heure, au black, à raison de minimum 25h de taf par semaine, abreuvée gratuitement, nourrie moitié prix. Localisation : près de la plage, en face du Lunapark, sur une petite rue très passante, remplie de magasins de skate, de glaciers et de restos en tous genres.

Autant vous dire que j’étais ravie ! Et puis le menu… Mon dieu quel régal les amis ! On croit avoir le monopole de la gastronomie en France ? Bah voyager nous apprend à fermer notre condescendant clapet.

BREF ! Toujours est-il que ça ne fut pas si simple pour tous les français, européens, et autres expatriés rencontrés de dégoter un boulot, et encore plus un boulot aussi sympa que le mien…

De fait, il m’a semblé, aux vues des personnes rencontrées, des discours entendus et de mes observations objectives au possible, qu’il était quasiment impossible de trouver un travail dans sa branche (d’autant plus si le niveau d’anglais est pas glorieux, NORMAL me direz-vous!), et malgré tout difficile de trouver un simple petit boulot.

J’ai donc fait Melbourne pendant 3 mois, puis 2 semaines de route pour traverser l’Australie de part en part (de la droite vers la gauche, ou de l’est vers l’ouest pour les géographes), et puis un peu plus d’une semaine à Perth, et plus précisément à Fremantle, dans une baraque de rêve entourée de voyageurs aux vécus tous plus extraordinaires les uns que les autres ; et maintenant, là de suite, je suis avec L. en quête d’un boulot sur Margaret River, LA région où l’on trouve majoritairement du « Fruit Picking », c’est-à-dire connement des jobs de ramasseurs/cueilleurs de fruits.

Et, arrivée de ce côté-ci du pays, où l’on m’avait juré mordicus que trouver du travail était bien plus simple que de l’autre côté, et que les salaires étaient bien plus élevés, je me rends compte là aussi, qu’une idéalisation de la chose a eue lieu. L’herbe est toujours plus verte à côté, c’est bien connu.

Et donc, depuis mon arrivée dans la région, je croise des gens, par dizaines, souvent des couples, mais pas que, qui me racontent avoir déposé des CV dans plusieurs restos, magasins et autres, dans plusieurs ville sur leur chemin, pour trouver n’importe quel type de boulot, en vain.

Beaucoup de gens sont à court d’argent (tout du moins sur leur compte Australien, et parfois même ils ont déjà dû ponctionner la presque totalité de leur compte en Europe), et seraient prêts à tout pour gagner quelques cinquantaines de dollars. La plupart vivent en van, et en arrivent même à éviter de se déplacer avec celui-ci pour ne pas user l’essence.

Ici, à Margaret River, les gens viennent alors pour cueillir des fruits. D’une parce qu’on leur a dit que tu chopais ces tafs facilement, de deux parce qu’on leur a dit que c’était bien payé, et de trois parce que ce type de boulot permet de remplir leur quota de jours permettant de valider une seconde année de visa en Australie.

Alors, tout l’monde veut ces boulots de picking ici. Et puis de toute façon, quand tu parles pas bien anglais, c’est pour ainsi dire un des seuls trucs que tu puisses faire. Et y’a tellement de gens j’dirais presque désespérés, qu’ils sont prêts à beaucoup pour obtenir ces boulots.

Ma compagnonne de voyage et moi-même avons alors voulu expérimenter le « beaucoup » en question. Un peu pour voir, par curiosité, et beaucoup aussi parce qu’on arrive bientôt à cours d’argent ici c’est vrai (mais on l’a bien voulu aussi, et je reprendrai un peu plus loin cette question de « pauvreté librement consentie »).

Le « beaucoup en question », c’est ce qu’on a fait ce matin, et hier matin aussi. Je raconte :

à Margaret River, pour recruter des « pickers » (les gens qui ramassent les fruits), il existe des agences d’intérim spécifiques. Mais, quand vous vous y pointez en journée pour demander du taf, on vous répond que c’est complètement complet, ou que la saison de ramassage n’a pas encore commencée ou est sur le point de se terminer. Mais on vous propose malgré tout de vous inscrire sur une liste d’attente (nom, prénom, numéro de téléphone et sexe), et l’on vous dit que l’on vous appellera si besoins il y a. La première fois, je me suis exclamée contente car nous n’étions que les 6 et 7èmes sur la liste ! L’employée de l’agence a bien ri, et m’a montré la pile de feuilles constituant la liste d’attente : « Ce sont tous les inscrits d’aujourd’hui… ». Là, tu te dis « OK, va PEUT-ETRE falloir trouver une alternative. »

MAIS, alors, on te donne un piston : « Si vous vous pointez le matin à l’agence, vers 4h du mat’, au moment où les équipes de travailleurs se rejoignent pour aller tafer, si certains ne se pointent pas ou qu’on a besoin de plus de gens que prévus, ALORS vous aurez peut-être une chance d’être pris ! ».

« Chouette ! » se dit-on ! On tentera le truc le lendemain matin.

Le lendemain matin : le van garé sur un parking de supermarché en ville (là où on a, comme pas mal d’autres jeunes comme nous, passée la nuit), levées, décidées, et parées de notre attirail anti-soleil, nous voilà parties en direction de l’agence qui n’est pas très loin. Arrivée devant l’agence, 4h10 du matin…

… Il y a déjà une huitaine de personnes devant nous. « Wow, ok, les gens sont tous au courant du truc. Bref, on va faire la queue. »

Une demi-heure plus tard, alors que le jour commence à se lever, le responsable des équipes arrive, nous dit bonjour du bout des lèvres, et rentre dans l’agence. Soudain, tous les gens assis devant se lèvent et viennent se coller à la porte vitrée, sans sembler respecter le moins du monde l’ordre d’arrivée de chacun. On croirait une scène de The Walking Dead, sauf qu’on a juste 1 œil, un bras ou une mâchoire inférieure en trop et pas assez de sang coagulé collé sur la face.

Au bout d’un moment, on nous fait rentrer, et là c’est une sorte de petite baston tacite, à celui qui attrapera le stylo le plus vite pour inscrire son nom le plus haut possible sur la feuille (feuille aussi appelée « extra-list »). L. s’inscrit, m’inscrit, et puis on nous demande de nous ranger sur le côté et d’attendre.

Entre temps, grandes gueules et amusées de vivre cette expérience, L. et moi rions comme des bossues, on dit des conneries, et on sympathise avec les quelques autres couples et groupes venus tenter la même que nous. Pendant ce temps, 3 ou 4 extra-lists sont remplies. Autant vous dire que ceux qui sont à la fin s’inscrivent en désespoir de cause, mais avec peu de conviction.

Puis, vers je dirais 5h et quart du mat’, là, le responsable des équipes arrive, et appelle les 4 premiers de la liste ! Il y aura visiblement besoin de renfort ce matin, il y a plus de vignes à dépouiller que prévu. Et puis 2 ou 3 recrutés ne se pointent pas, alors on pioche encore dans les extra-lists, et les 6 personnes devant nous partent travailler.

Dix minutes après, le gars revient et nous balance brièvement « c’est tout pour aujourd’hui les gens. ‘Pouvez réessayer demain, on est susceptibles d’avoir besoin de plus de monde… »

Et là, bah quelques douzaines de personnes ressortent de l’agence, les mains dans les poches et des poches sous les yeux, bredouilles.

Ceux qui auront eu la chance d’être « sélectionnés » ce matin travailleront 2h, 4 ou 5 tout au plus, et gagneront en moyenne 40$ la journée (environ 27€), ce qui leur servira à rembourser le sécateur, la veste fluo et les gants qu’ils auront dû acheter à leurs frais. Et bien entendu, c’est à peu près sûr qu’ils ne seront presque pas rappelés, car faut faire un roulement, parce qu’y’en a d’autres qui attendent de travailler à côté.

On a tenté le truc 2 matins d’affilé. Ce matin, un seul mec de l’extra-list a été pris, un gars qui était venu avec ses 3 potes de voyage. Il a foncé, pour aller tafer c’te journée, et être capable de payer leur prochain plein d’essence.

Hier, on a rencontré un couple à cours d’argent, d’idées et de motiv’. Ils ont, disent-ils essayé de travailler dans tous les trucs possibles, et rien. Désespérés, ils songent à rentrer.

Et ce sont pas les seuls qu’on rencontre comme ça ici. Problème de niveau d’anglais, de motivation, ou d’aura et de bonnes ondes ? Je ne saurais dire, étant donné que jusqu’à présent, je me suis toujours débrouillée à me dégoter des trucs d’une façon où d’une autre, sans pour autant avoir à revisiter mes valeurs et mon éthique.

Toujours est-il qu’ici, c’est la merde pour beaucoup d’européens, en tout cas bien plus que ce qu’on nous le fait croire avant que l’on pose un pied sur le sol Australien.

Parce que la vérité, c’est aussi qu’on nous incite à venir ici. Parce que notre venue est bénéfique pour le pays. Les sous qu’on file pour obtenir le Visa permettent de financer les études des étudiants australiens. Et puis, tous ces boulots là, de fruitpicking, ou d’employé de resto dans des endroits reculés où personne ne veut vivre, eh ben, les Autraliens, normal, ils en veulent pas. Et ce même si c’est souvent fort, fort bien payé. Être plongeur dans un restaurant de ville minière isolée de tout, ça peut rapporter plus de 20 dollars de l’heure, et le prix double pour les heures sup’. Et les heures sup’, crois-moi, vous en faites un max, parce que personne ne veut travailler dans ces trucs là. Donc du taf, y’en a à revendre. Mais faut vouloir sacrifier plages, vie sociale, heures de sommeil et connexion internet.

Et puis… Y’a cette réputation du français… Français voyageur qui plus est. Faut avoir de sacrées

bonnes vibes pour réussir à convaincre les gens de votre bonne foi quand vous débarquez avec votre accent frenchy en Australie. Y’a tellement de débiles qui font les cons ici, que j’vous assure, on préfère dire qu’on est belge ou québécois !

Alors… Si vous êtes français, que votre anglais est pas bon, et que le picking ou l’exile, ça vous dit pas… Y’a une autre solution. Mais pour ça, faut être une fille.

Depuis que j’suis en Australie, j’ai croisé pas mal de p’tites minettes de mon âge ou souvent plus jeunes, normales, avec un background correct, des études ou expé pro au compteur, somme toute des filles comme moi, comme vous, comme les amies que j’aurais en France. Sauf que ces filles, arrivant à court d’argent, de patiente, et d’idées pour se frayer une place dans le monde du travail australien, elles ont trouvé une autre alternative : leur corps. Je parle pas de tapin (quoi que les concernées ne doivent pas en parler), je parle de jobs de masseuses avec « happy endings » en extra, de danseuses à demi-nues, ou de serveuses avec vêtements et soutif en option.

Des filles comme ça, depuis que je suis ici, j’en croise de plus en plus. Et, alors que j’aurais pensé, à leur contact, me dire « Putain ! Abusé ! », bah là, à la place, j’me dis « Merde. D’une, ça pourrait être moi. Et de deux, j’comprends quoi. J’comprends complètement. »

Bon, qu’on soit d’accord, mes limites s’arrêtent ici. Je préfère mille fois aller jouer de la guitare comme un manche (lolilol) assise dans la rue, qu’aller montrer mes seins (dont je suis pourtant fort fière, mais c’est pas la question :D). Mais, chacun ses possibilités, chacun ses limites, chacun son éthique. Je ne veux ABSOLUMENT pas juger, et encore moins maintenant que j’ai côtoyé un peu le besoin. Tant que ça porte pas atteinte à quelqu’un d’autre qu’à soi-même, j’estime qu’on a parfaitement le droit de faire ce que l’on décide de son propre corps.

Enfin, autre cas de figure : la petite italienne de 20 ans avec qui je discutais ce matin. « Je travaille dur à cueillir du raisin » me disait-elle. « Comme ça, j’obtiens ma validation de second visa, mais je la garde au chaud. Je rentre en Italie à la fin de l’année, je fais mes études, et quand il s’agira de trouver du travail, je reviendrai ici, jouir de ma seconde année de visa obtenue plus tôt !  C’est que les salaires ici, c’est autre chose qu’en Italie… En ce moment, en Italie, t’es payé entre 5 et 7€ de l’heure pour des boulots normaux… Contre près de 15€ minimum pour n’importe quoi ici si tu te débrouilles bien! Je préfère mille fois être serveuse en Australie, qu’en vaine recherche d’un taf dans mon pays… ». Et ça, visiblement, c’est le sort de pas mal d’européens ici…

Mais du coup, DU COUP ! Qu’est-ce que je relativise ce qui se passe sous mes yeux depuis des années dans mon propre pays  qu’est la France! Ma vision des choses change TELLEMENT !

Là, depuis quelques temps, je me dis :

Je comprends mieux les roumains, qui volent du cuivre (wtf) pour le revendre, vivent en caravane et volent dans les magasins. Je comprends mieux la haine des reubeus qui trouvent pas de taf rien qu’à cause de la consonance de leur nom d’famille. Et je comprends presque les petites nana d’Europe de l’est, qui se retrouvent sur le trottoir à l’âge où elles seraient censées aller au lycée et chanter du Myley Cyrus en bavant sur les One Direction. Je dis pas que c’est comparable, ou que je cautionne cet état de fait. Je dis que de ce que je vois ici, à ce qu’on voit en France depuis pas mal d’années, il n’y a finalement qu’un pas. Et je parviens désormais à cerner comment ce pas peut être franchi.

Alors la question qui me turlupine, à l’issue de tout ça, c’est quand même : Est-ce qu’on jouerait pas un peu les faux pauvres nous ici ? J’veux dire, est-ce que l’Australie, ce serait pas le pays de l’aventure, et de la mise à l’épreuve de nos propres limites, en terme de confort, de gestion de l’argent, de supportabilité professionnelle ou physique ou que sais-je encore ?… Est-ce qu’on jouerait pas, du moins nous, français, aux « faux pauvres », pour se sentir un peu vivre parce qu’en France on s’fait chier, dans un pays où on nous paye à nous toucher ?

Prenez moi. Depuis 1 mois bientôt, je vis (comme pas mal d’autres gens, ici les vans pullulent!) en van ou à squatter chez des connaissances, à manger les saucisses les moins chères du rayon viande de Coles ou bien le pain au rabais parce que bientôt périmé, ou à me doucher aux douches publiques avant qu’elles ne ferment en me lavant le corps avec le même shampoing que j’use pour mes cheveux (si si, j’vous assure, pour moi, c’est une étape!). Mais c’est aussi parce que je le veux bien. J’veux dire, j’ai un back-up, en France, un peu d’argent de côté (merci papa), que je ne veux surtout pas toucher, pour essayer de m’en sortir ici avec les sous gagnés ici aussi. Et c’est pareil pour L., qui m’accompagne. Mais ça nous intéresse, d’essayer de vivre avec le stricte minimum. J’veux dire ça va, on a quand même une maison roulante, qui nous emmène où on veut, avec petite cuisine intégrée et de quoi recharger nos smartphones respectifs ! Ça nous apprend à essayer de se contenter du stricte minimum, et à revisiter la valeur des choses que l’on croyait être indispensables à notre survie.

Mais sommes nous bien tous dans cette situation de « fausse roumanisation » ?…

…Ou bien est-ce que tout ce que je vois là depuis que j’suis arrivée, ce serait pas les prémisses d’une situation réellement sérieuse et merdique en France ? Est-ce que y’aurait pas un tel mal-être chez nous, peut-être encore plus moral qu’économique d’ailleurs, que l’on préférerait venir galérer ici que patauger chez soi ? Parce qu’on tente de s’accrocher aux moindres bouts de planches qui sont encore là à flotter… Sauf qu’à force de tous s’accrocher aux mêmes planches de bois… Bah on risque de finir par les faire couler. Eh oué, là y’aura pas de Jack pour nous laisser la place sur la porte flottante pour éviter l’eau glacée ! Ou alors Jack, ce sera les locaux du pays que l’on tentera d’investir…

…Espérons que l’eau ne devienne pas si froide… Et qu’on saura construire des radeaux avec toutes ces planches. Mais est-ce qu’on saura construire des radeaux tout en pataugeant ? Grande question.

Sur ces magnifiques métaphores métaphoriques, je quitte la bibliothèque de Margaret River, et m’en vais rejoindre L. pour manger des noodles et des prunes à l’arrière du super méga van que nous ont prêté M. et X. pour 2 belles semaines. Et vive l’humanité !

See ya mates !

29 commentaires


  1. Tres bon et tres vrai ! Tu as reussi a mettre des mots sur cette « roumanisation » que j ai observe aussi. Anyway continues ! Love travel liberte coeur et tout @+

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  2. Je suis amoureux de toi…. MERCI pour cet article TELLEMENT vrai! Un régal à lire…

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  3. Wahou !
    Bluffé par la qualité du texte. Je suis actuellement à Margaret River aussi et je me sens pleinement concerné par cette article, j’ai l’impression de m’y retrouver.
    Il est vrai qu’il y a des exceptions et ceux qui réussissent ici ne peuvent pas forcément comprendre à quel point c’est dur pour certains.
    Bravo pour cette analyse plus que vrai ! Tu mérites un bon saucisson, ou des pâtes carbo au choix.

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  4. Franchement chapeau l’artiste. Il y a bien du vrai dans ce que tu dis bien que ce soit une grosse généralité mais c’est en partie vrai. C’est de plus tres agréable à lire et pertinent. les métaphores intéréssantes et c’est assé imagé.

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  5. Bravo pour cet article ! Effectivement une belle analyse et puis ça fait du bien de dire les choses, même s’il y a des exceptions comme tu dis.
    En tout cas on a beaucoup aimé la seconde partie sur cette pseudo volonté de jouer aux pauvres. De notre côté, cela fait presque 3 ans qu’on vit à Sydney, et à vrai dire, ça nous manque toujours de « jouer aux pauvres ». Car faire le pauvre, c’est surtout se contenter des choses simples… En tout cas, on reste convaincu que passer un an ici, même dans des conditions difficiles reste une très bonne expérience. Ça mets du plomb dans la tête, on comprend mieux certaines choses (tu en parles très bien) et on prend du recul sur d’autres.
    Ici comme ailleurs, tout ne tourne pas rond, et comme partout il faut savoir tirer son épingle du jeu 😉
    Bonne route à vous et good luck.

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  6. Salut,

    Je suis assez d’accord avec ta conclusion, moi je me souviens je parlais de clochardisation (on avait pas de van aussi :p) mais quand je vois certains retours qu’on a sur http://www.pvtistes.net, je ne suis pas vraiment surprise de te lire (moi je suis revenue fin 2007, c’était plus facile à cette époque), par contre pour les filles qui font des massages douteux, je suis assez choquée, je pensais pas qu’on en était là :$

    Merci pour ton article très vrai et si jamais tu as le courage de refaire plein de bornes, apparemment à Alice Springs y a moyen de bosser parce que les backpackers aiment pas trop s’y poser… Bonne chance pour la suite 🙂

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  7. Oups, j’oubliais, on vient de tweeter ton article, c’est important que les futurs backpackers en Australie le lisent !!

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  8. Merci d’avoir partagé cette expérience avec nous 🙂
    en espérant que ce vécu remonte le flot de ces médias qui nous vendent du reve
    … ou que ca mette du plomb dans la tète de certains

    ca permet en effet de relativiser plein de choses, et au final que prévoir le coup peut être plus payant que prendre des billets sur un coup de tête !
    si on était tous des mc gyver en puissance alors oui la …
    ca ne vaut pas que pour l’australie 😉

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  9. Ma rousse préférée, je suis ton périple à travers ton site assez régulièrement, de ce petit pays que tu décris si bien: la France. La France qui fait soit disant rêver, la gastronomie, la fameuse baguette, le french kiss… Où au final, comme partout, une fois qu’on y est on se rend compte que c’est loin d’être ça. Toutes les personnes que je croise dans la rue donnent l’impression d’être blasées. Tu as un travail, tu es blasée d’y aller le matin. T’as pas de travail, tu es blasée de n’avoir pas de raison de te lever le matin. Tu gagnes de l’argent, tu es blasée parce qu’une bonne partie va partir aux impôts. Tu ne gagnes pas d’argent, tu es blasée parce que tu galères jour après jour.
    Bref, tout ça pour dire, merci pour ces petits voyages que tu nous offres à chaque article, tu nous amènes un peu avec toi de derrière nos écrans d’ordinateur, dans notre bureau surchauffé, pendant qu’on déguste fièrement un café sorti tout droit de la Nespresso dernier cri.
    Continue de profiter de l’ailleurs, de la vie, des gens et du monde! Bisous de Roulio à qui tu manques

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  10. Excellent post, quelques commentaires …

    -personne ne nous a forcé à venir ici. Personne ne nous a empêché de lire les milliers de blogs au sujet des difficultés locales.

    -Des fois dans la vie, il faut aussi prendre ses responsabilités. Réfléchir. Pourquoi faire ici ce que nous ne ferions pas en Europe?

    -certains s’en sortent très bien, d’autre bien moins. Pourquoi? Serait-ce le comportement, les compétences? La réplique « Fuck you I’m French »… le French shopping, et les comportements inacceptables au travail… tout cela n’est pas légende, c’est vrai, beaucoup se croient tout permis. L’autre jour un français débarque dans un magasin pour faire son travail de distribution de flyers qu’il est sensé faire en rue… Mais en Europe ce serait inacceptable! Pourquoi serait-ce permis ici? « Fuck you I’m French »…

    -c’est une belle aventure, enrichissante, même si elle décale de quelque peu la construction de nos vies au bercail. Si on ne le ressent pas comme ça, il faut rentrer!

    -les roumains en France eux, ne viennent pas pour rigoler, mais pour bien gagner leur vie comparé à la Roumanie, et pour rentrer plus riche. Pour construire leur vie. Projet vastement différent. Cela crée un autre comportement, d’autres dérives aussi d’ailleurs.

    Savez-vous qu’il y a des dizaines de milliers de jeunes australiens qui font des jobs pourris en Europe? 🙂

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  11. Article refletant parfaitement la réalité, Bravo!
    Certe faire le tour de l’Australie en mode routard dans un van en se lavant une fois toutes les 2 semaines fut « amazing », en plus de voir une faune et une flore unique.
    Mais pour tous les futurs backpackers, ce n’est pas une raison pour agir n’importe comment.
    Réflechissez! N’entammez pas une traversée de d’Est en Ouest (plus 4000km Sydney Perth) avec 100 dollars sur votre compte juste parce-qu’on vous a dit on gagne plus de l’autre coté! (on en a croisé des galériens complétement fauché au milieu de nul part!!!)
    Arrêtez de pleurer sur votre sort de pauvre petit français que personne n’aimes et de dire que les Australiens sont tous fachos! Si ils le sont ils ont leurs raisons!
    Donc si vous ne voulez pas être traité comme des Roumains, n’agissez pas tel quel!
    Et n’oubliez pas que vous n’etes pas chez vous, respectez les gens et les endroits que vous visitez, sinon restez chez vous!

    Sur ce, que le voyage vous ouvre de nouveau horizons!!

    Peace

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  12. Excellent. Tu decris correctement les choses, avec du talent en plus

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  13. Article très intéressant. Je suis arrivée en Australie comme toi en novembre, je me suis parfaitement retrouvée dans la première partie de ton article. Tout ce que tu racontes est très vrai, sans exagération, raconté avec beaucoup d’humour. Merci et bonne continuation !

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  14. Bon article, mais je ne peux pas m’empêcher de sourire. T’aurais dû intituler « Les Français découvrent la backpacking, et l’adversité qui va avec ». Le « gap year » que tous les anglais prennent depuis des lustres, c-à-d cette année entre la fin des études et le début de la vie professionnelle, c’est ça. Mais les français dorlotés et souvent d’une arrogance à en faire pâlir les Amerlocs, s’imaginent que l’Australie les attend avec leur anglais pourri.

    Ça fait 14 ans que je suis à Sydney, j’y suis arrivé par Londres. En 1999 je vais 2 valises et je largue tout, ras le bol de la France et des franchouillards, je mets les voiles direction une auberge de jeunesse miteuse sur Bayswater. 12 dans une chambre de 6, les chevelus qui fument des joints jusqu’à 2h du mat et un couple qui baise dans le lit en bas (lits superposés, le dernier arrivé prend le lit le plus pourri). Mais tous les matins je mettais mon costard, et partais rechercher du taffe. J’en ai trouvé au bout d’une semaine, comme traducteur, mon anglais était déjà loin d’être pourri. J’ai aussi trouvé ma femme, australienne, à Londres. La galère elle est partout. Quand on part à l’aventure il faut être prêt à affronter l’adversité, loin du cocon de la fac, des bourses, des ASSEDIC et d’une Frane où les jeunes rentrent dans la vie active sans n’avoir jamais bossé (impensable dans une société anglo-saxonne). Bravo, donc, pour avoir sauté le pas et être venu tenter l’aventure.

    Maintenant, pour ce qui en est des prix, on est bien payés, mais vous avez vu les prix ? J’ai payé 4 dollars pour un croissant rassi ce matin dans le centre commercial pourri de Dee Why. On gagne bien, mais ok dépense tout, c’est incomparable avec l’Europe.

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  15. Savez-vous comment on dit vol à la tire en anglais en Australie, maintenant ? « French shopping ».
    No comment.

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  16. Bonnes descriptions de l’Eldorado Australien. Je retrouve bcp de similitudes avec ce qu’à vécu mon fils la-bas il y a 4 ans et avec ce que vit mon plus jeune fils aujourd’hui. Le premier a moins galéré que le second, il a trouvé un job fixe au bout de 4 mois dans une croissanterie à Perth et a vécu dans un superbe appartement en co-location. Je me souviens aussi de son retour en France et de sa mélancolie (voire de sa déprime) de revenir à son train-train quotidien. Métro-Boulot-Dodo et play-station. Aujourd’hui, il continue de voyager mais dans l’hexagone, il fait les saisons. 6 mois au Cap Ferret, 4 mois à Couchevel et bientôt cet été à Ramatuel. Il rencontre bcp de personne et apparemment s’éclate bien.
    Le 2ème fils galère en van depuis septembre 2013 en Australie. Il trouve par ci par là des petits boulots pas très bien payés, juste de quoi continué son voyage. Mais quand un gros pépin arrive sur le Van, il est obligé de taper dans ses économies en France. Malgré tout, il ne se plaint pas et reste optimiste sur la suite de son périple. De toute façon, il y aura été et reviendra avec plein de beaux et bons souvenirs. Il aura amélioré un peu son Anglais. Mais, surtout acquis une plus grande autonomie et maturité.
    Continue de faire partager ton expérience du pays Aussis. Dans ta description, je retrouve enfin un récit de vrai journaliste Car malheureusement, ceux de TF1, France 2 et …. vendent du rêve et occulte pas mal la vérité.
    Bon voyage et bon courage.

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    1. Merci beaucoup pour ce partage d’expériences Jp 🙂 et ravie que vous ayez pu trouver échos dans mon texte à ce que « vous » avez connu.

      Quoi qu’il arrive, je ne blâme personne. Ni l’Australie, qui gère son économie comme elle peut, ni les français, ou autres voyageurs, qui partent à l’aventure en croyant pouvoir prédire de quoi tout ça aura l’air… Et ma conclusion finale demeure de dire – comme vous le dites également – voyager, quelle que soit la façon dont ça se passera, c’est toujours bénéfique, et je pense que jamais, jamais on rentre bredouille d’une telle expérience. Par exemple en ce moment, je travaille dans une auberge de jeunesse. Et même si je gagne pas des masses, MON DIEU, quelle aventure merveilleuse ! Je rencontre des gens du monde entier, je passe mon temps à apprendre un tas de choses, et en parallèle j’ai quand même le temps d’exercer mon boulot de rédactrice. Donc c’est parfait. Voilà ma petite mise à jour 🙂

      Encore merci pour ce commentaire. Et bonne continuation à vos fistons 🙂

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  17. Je connais pas l’Australie mais j’ai vu ce genre de situation dans d’autre parties du monde .
    En partie je crois que ca parait aussi plus facile de galerer loin du regard des siens et se dire au moins je peux rentrer en France , je suis encore en voyage , tout ca n’est pas vraiment l realite juste une aventure . Un jour ce feeling s’arrete et la faut trouver autre chose .
    J’ai l’impression que la situation est plus dure pour les jeunes maintenant que y’a meme 15 de ca . Bon courage .

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  18. Wow je t’avoue que ton article me fait completement flipper..
    Nous partons fin septembre en NZ et il est vrai que tout le monde te dit  » super easy de trouver un job »
    « t’es super bien payé »…
    Mais apparament la réalité est tout autre

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    1. Je dirais pas que c’est compliqué… Je fais partie de ces gens qui pensent que le positif attire le positif 🙂 et à mon humble avis, si tu essaies de parler anglais du mieux que possible et que tu cherches vraiment un job, t’en trouves un de sûr. Suffit pas de faire bien, suffit au moins de se donner les moyens. Faut juste pas croire que ça peut te tomber dans les bas en un claquement de doigts 🙂 ça arrive néanmoins haha ! Dans ces pays là ça arrive. Mais c’est pas automatique 🙂 Nan faut pas flipper, quoi qu’il arrive ce sera une expérience enrichissante pour vous tu verras.

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  19. Franchement je suis profondément choqué…
    « Les roumains d’Océanie »
    « Traité comme des roumains »…
    Mais vous, vous prenez pour qui?
    J’avoue que les roumains ont une très mauvaise image en Europe, spécialement en France, à cause d’une minorité très mal intégré en Roumanie (les roms = gitans=manouches)…etc voir wikipedia.
    Mais franchement après tout les terroristes français dans le monde et après l’image que vous avez, vous osez de parlés des autres….non…mais alo!
    Et ça fait mal la réalité….non cousins française??!!

    Je suis citoyen roumain et suisse et depuis des années les malfaiteurs française font la une dans les journaux suisse….rubrique, bien entendu « fait divers ».
    Et les choses qui me met hors de moi …c’est que chaque fois quand je montre les articles à mes collègues frontaliers….tous me disent la même chose  » c’est des arabs , c’est des melons, c’est des bougnoules etc » .

    D’accord peut être…mais les roms qui vient de Roumanie et qui font de bêtises chez vous en France, vous les traitez des roumains…pourquoi vous n’acceptez que vos minorités mal intégrés sont des française comme vous????
    Ça va dans les deux sens!!!!
    Les roms vient d’Inde, les roumains sont des européennes, comme vous !!!!

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    1. Heum… Cher anonyme, je crois que vous n’avez pas tout lu, ou alors pas dans le bon sens. Je ne juge aucune population dans cet article, et mon emploi du mot « roumain » était simplement pour faire référence au côté nomade des gens du voyage qui, nous le savons tous, ne sont pas tous Roumains, non non non ! Les seuls qu’à la limite je blâme ici sont les français, et leur comportement en Australie. Bref je n’sais pas trop quoi vous répondre, votre commentaire à ni queue, ni tête, ni même pas grand chose d’autre en fait. En espérant que vous vous soyez apaisé depuis ce choc. Bien à vous.

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  20. Chère Érika ,

    Les roumains ne sont pas des nomades….comme d’ailleurs les français ne sont pas tous des terroristes…
    Je trouve pas normal non plus les australiens qui ont frappé la pauvre fille française dans le métro de Melbourne juste parce que elle a chanté en français. Une réaction raciste et digne d’un comportement des tribus Surma. Il faut pas oublier que les Français sont des latins comme les italiens, roumains, portugais donc leurs comportement n’est pas trop différent.
    Nonante pour cent des gens de n’importe quel pays n’aime pas les immigrés…
    C’est comme ça et on fait avec.

    Cordialement.

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  21. Bravo pour cet article très bien écrit!
    J’ai eu beaucoup de plaisir à le lire et avec le sourire aux lèvres évidemment. Après plus d’un an (il nous reste encore 80 jours) passé en Nouvelle Zélande mon conjoint et moi même, on a pu avoir une certaine approche du mot « exploitation » . Même si nous sommes deux fortes têtes avec beaucoup de fierté, il y a des moments où nous sommes bien obligés de manger notre chapeau. Ce qui est parfois très frustrant car ayant tout deux la trentaine et ayant laissés nos postes à responsabilité en France pour aller vivre le rêve Néo Zélandais et bien ce n’est vraiment pas simple d’être considéré comme de la main d’oeuvre pas chère, docile et facile à entuber! Nous n’avons pas vécu d’épisode en rade d’argent et de travail mais on a rencontré beaucoup de petits jeunes qui étaient littéralement « coincés » sans argent et cherchaient du travail désespérément pendant plusieurs semaines. Je ne parlerais pas des fameux hôtels backpackers agence de travail qui parfois permettent l’endettement pour l’hébergement et promettent que le travail arrivera bientôt et que tout ces petits jeunes pourront enfin rembourser leur dette d’hébergement. Bref, ceci dit, il y a également un sacré buisness avec le woofing et le HelpX. Certains n’hésitent pas à nous faire travailler pour l’hébergement et le couvert avec des jobs qui sont ceux normalement des gens du Vanuatu et des îles pauvres en travail à côté de la Nouvelle Zélande. (bien que là aussi c’est de l’exploitation mais je suis sûre que ces gens ont plus besoin de ce travail que nous autres européens)
    On a eu la chance de se faire un réseau qui nous a toujours aidé et qui nous a ouvert de sacrés opportunités mais décidément ce n’est pas simple et ton parallèle est très juste même si il n’est bien entendu en aucune façon sur le même degré au niveau de l’échelle de la pauvreté et de la misère.
    Merci encore pour cet article 🙂

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