Les irréductibles grenouilles d’eau fraîche.

Quel titre évocateur, n’est-il pas ?

Bien le bonjour à tous ! Après tous ces mois d’absence, il est temps pour mes doigts de remonter en selle et d’en foutre un coup à ce beau clavier d’ordinateur blanc immaculé qui est mien, clavier teinté par les émanations de poussière de terre volcanique du merveilleux endroit où je suis et dont je vais vous parler en ce billet.

Je sais pas si certains d’entre vous en ont entendu parler, mais il existe une histoire, une métaphore, dite de la « boiling frog ». En français, on appelle plus communément ça « l’Allégorie de la Grenouille ». Et qu’est-ce qu’elle dit-elle donc bien cette petite allégorie ? Cette allégorie, elle raconte ce qui suit : si vous prenez une grenouille, et que vous la balancez dans de l’eau bouillante, la grenouille, réflexe de survie prévisible, va immédiatement sauter hors de l’eau et s’échapper au plus vite. En revanche, si vous placez une grenouille dans de l’eau froide, et que vous faites peu à peu réchauffer l’eau, la grenouille, ne se rendant pas vraiment compte du changement de température tant il est lent, restera dans l’eau et ce jusqu’à ce que l’eau bout, et finira donc par mourir. Cuite. Ouais après vous pouvez la manger vous faites c’que vous voulez ON EST FRANÇAIS APRÈS TOUT OU ON L’EST PAS MERDE ?!? M’enfin c’est pas ça l’sujet.

Grosso modo, pour ceux qui ont pas encore bu leur café, ça dit quoi : ça dit qu’un changement progressif, lent et insidieux, peut mener les gens à leur perte sans que jamais ils ne se rendent compte de ce dessein jusqu’à ce qu’il survienne.

Et évidemment, on fait souvent allusion à cette métaphore pour parler des perversités que la société d’aujourd’hui nous fait subir sans même que l’on se rende compte de leur impact nocif sur notre santé physique et/ou psychologique.

Eh bien, brace yourself everybody \o/, car j’ai trouvé un endroit sur terre où les grenouilles ont été capables de sentir l’eau se réchauffer, et ont refusé de rester dans la casserole.

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Et pour vous expliquer comment j’suis arrivée là, petite rétrospective nécessaire : lorsque je travaillais dans mon auberge de jeunesse à Perth en avril dernier, j’ai rencontré une ravissante flamande, qui elle revenait tout juste d’un séjour woofing chez un certain M. près de Byron Bay.

Petite parenthèse explicative pour ceux qui connaissent pas : le woofing, c’est le fait de travailler pour quelqu’un, chez lui, généralement en ferme, avec des animaux, mais jardinage et rénovation sont aussi monnaie courante. Et, votre « salaire », c’est le fait que vous soyez nourris logés blanchis. Info bis : le woofing, c’est partout dans le monde et ça demande aucun visa particulier.

Cette fille m’ayant tapée dans l’oeil tant elle était adorable, je me suis dit que si elle me parlait avec tant d’enthousiasme de cette place, je l’aimerais sûrement aussi. Et, comme je désirais obtenir une seconde année de visa de travail en Australie, et que le dit M. était visiblement habilité à signer pour cette seconde année, j’me suis dit pourquoi pas aller finir mon année chez ce monsieur \o/ J’ai un super feeling avec la flamande, la flamande a eu un super feeling avec M., donc par équation équilatérale de la triangulation énergétique, j’aurai sûrement un super feeling avec M. ! CQFD.

Et, début août, me voici débarquant à l’aéroport de Gold Coast avec ma cousine qui s’est jointe à l’aventure entre temps. Fatiguées, décalées, on chope un bus presque un peu au hasard pour nous rapprocher de l’endroit où M. est censé nous récupérer. On va bien voir. Arrivées au point de rendez-vous, M. a un peu de retard. Et puis tout à coup, au volant d’un immense campervan autocollanté de licornes et autre symboles multicolores d’amour et de paix, conduisant comme un acharné, il arrive : un bonhomme pas très grand, pas très costaud, au visage hébraïque, la soixantaine, cheveux longs grisonnants, petites lunettes, des yeux clairs et pétillants, une énergie débordant de partout tempérée par un grand sourire sage et apaisant. Il nous accueille d’un grand « BONJOUW ! », et nous embarque. Après un petit passage par Mullumbimby, la ville la plus proche, qualifiée de « Biggest Little Town in Australia », où je me sens de suite bien sans trop pouvoir expliquer pourquoi, nous voici partis en direction de la dite propriété de M., celle où l’on travaillera, habitera et vivra pour une durée indéterminée.

Tout ça, c’était y’a un peu plus de deux mois. A l’heure où je vous parle, j’y suis toujours, tranquillement installée dans mon petit fauteuil en osier, encadrée par une grosse araignée que je viens de voir près de mon lit, d’un thé à la citronnelle cueillie plus tôt dans le jardin, et d’une mousse au chocolat à l’avocat (oui oui mesdames, et elle est somptueuse). Le fait est que je ne veux plus quitter cet endroit, même s’il le faudra d’ici 2 semaines puisque mon visa se termine.

DSC_0213Mais donc me direz-vous, quel est le lien avec la grenouille ?

C’est simple. Nous sommes en 2014 après Jésus-Christ, toute l’Australie est occupée par le consumérisme… Toute ? Non ! Car une province peuplée d’irréductibles hippies résiste encore et toujours à l’envahisseur capitaliste. Ici, on a su sauter hors de la casserole d’eau se réchauffant il y a plusieurs décennies de ça.

Et cette propriété où je travaille depuis 2 mois, et la façon dont on y vit, est un parfait résumé à petite échelle de la culture dite « alternative » qui imprègne complètement cette région du monde. Et quand je dis région, je pense qu’on peut dire que la superficie de celle-ci équivaut sans mentir à la taille de la France. Elle s’étend en fait de Byron Bay, et bien plus haut et bas que ça, jusqu’au fin fond de la zone de l’outback qui y correspond. Car tout est finalement parti de Byron quelques décennies auparavant…. Jusqu’à ce que la petite station balnéaire hippie devienne tellement populaire de part cette même culture alternative qui y régnait et son super cadre de vie, qu’elle fut envahie par le tourisme, et finalement quelque peu abîmée. Les jeunes hippies de Byron se sont alors peu à peu retirés dans l’arrière pays, et sont ainsi devenus les vieux hippies actuels de là où je vis actuellement.

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Ici, et dans les contrées environnantes, les gens ont décrété qu’ils ne voulaient pas que la société de consommation inonde leurs terres. Les gens ont décidé de vivre en cohésion avec la nature, et ils la respectent autant que ce qu’ils se respectent eux-mêmes. La plupart d’entre eux cultivent leurs propres fruits et légumes et ils se sont faits violence pour que presque aucune chaîne de fast food ne vienne s’implanter.

Ici, à tous les coins de rue, on parle de yoga, de reiki, de magnétisme, de superfood, de bio et de vegan, on ne connaît que trop bien homéo et naturopathie, et les soirées et concerts hors pubs et bars sont le plus souvent « drugs & alcohol free ». Tout le monde se dit bonjour et se sourit dans la rue, sans raison, juste parce que ça fait du bien.

Ici, les tendances prêt-à-porter du reste du monde sont parfaitement ignorées et chacun s’habille comme bon lui semble ; sarouels, bijoux hindoux, robes longues, ceintures steampunk et dreadlocks sont le mainstream du coin (on s’croirait presque à la foire de Sombrelune – gamers will know). Et, bien sûr, les chaussures on connait pas. Mais ça, pieds nus à la banque ou au supermarché, c’est l’Australie en général 🙂

Ici, au lieu de payer le bûcheron qui vient couper tes arbres dans ton jardin, tu vas lui filer la gandja que tu cultives. Et si il veut pas de gandja, soit ! Tu lui fais un papier avec écrit « pour tant de gandja », et avec son papier, il pourra aller voir le gars qui produit du lait dans la colline voisine, parce que lui la voudra, la gandja, et donnera son lait au bûcheron en échange. Ici, jouer des percus, de la guitare ou du didgeridoo est plus que commun. Parfois, on se réunit au coucher du soleil, et l’on fait des cérémonies hindous, où l’on chante des mantras tous ensemble assis en position du lotus ; et l’on respire. Ici, on se rappelle que respirer, c’est important.

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Alors attention ! Pas tous les habitants de la région n’atteignent le degré de hippisme (oui je décrète que on dira hippisme jusqu’à la fin de l’article maintenant !) de M., mon hôte woofing, ou de certains de ses amis. Mais malgré tout, ce qui subsiste et demeure rémanent chez tous ces gens ayant décidé de vivre ici, c’est cette conviction que le contact avec la nature et le respect de son corps sont primordiaux, et cela passe par le fait de n’user qu’avec grande parcimonie de ce que produit la société de consommation. Entre autres aussi parce que les australiens ici éprouvent un profond respect pour les peuples aborigènes qui ont tant été massacrés et persécutés dans le passé (et le sont toujours malheureusement). A titre d’exemple, ici, aller visiter l’Uluru, ce gros caillou rouge super connu qui est en plein centre du pays dans le désert, bah c’est super mal vu. Parce que l’Uluru est un lieu sacré pour les peuples aborigènes, et que l’escalader à tour de bras comme le font les touristes est un blasphème. C’est comme si l’on venait à nous nous orner la Tour Eiffel de tags, de banderoles à l’effigie de « stars » de la télé réalité, qu’on la peignait en rose fluo et qu’on lui tordait le bout. Mouais ‘fin en pire parce que j’suis sûre que ça plairait à certains !

Et DU COUP OUAIS ! Vous savez quoi ? Ce mode de vie, ça fait un bien fou… Et je m’en serais jamais doutée à ce point. Moi, petite citadine niçoise, j’ignorais parfaitement jusqu’alors qu’il était possible de vivre autrement que ce que je connaissais, et qui plus est de vivre si heureux. Et surtout j’ignorais qu’il existait des régions toutes entières, dans des pays développés qui plus est, qui avaient pris l’initiative de vivre autrement.

Alors, depuis 2 mois déjà, mon quotidien est peut-être l’une des plus belles écoles sur les bancs de laquelle j’ai pu m’asseoir : j’apprends des milliers de choses sur le travail de la terre, sur les diverses façons d’être autosuffisant, de recycler tout et n’importe quoi, sur la faune et la flore locale…

Bon hein ! J’suis pas arrivée ici comme une fleur hein ! J’suis un peu naïve béate comme meuf mais je dis pas oui à tout d’un trait sans broncher non plus ! Moi aussi j’ai fait ma grenouille balancée cash dans l’eau bouillante (mais dans l’sens inverse, dans l’sens retour aux sources) : lorsque j’ai débarqué, avec mon beau sac de voyage décathlon, mon trait d’eyeliner et mes petites baskets de ville, j’ai intérieurement pris peur à la découverte de ce qui allait bientôt devenir mes pratiques et anecdotes anodines de tous les jours.

Oui, j’ai mentalement et/ou physiquement sursauté quand j’ai découvert que :

  • Y’avait pas de télé, une connexion internet type retour à l’époque Lycos Va Chercher! et Caramail, et pas de réseau téléphone.
  • Les toilettes étaient dehors, toilettes « sèches » comme on dit. Tu fais ta crotte, tu balances tes copeaux de bois, tu brûles ton pq dans la poubelle à la sortie. Et tu pries pour pas te faire ronger la fesse par une fourmi géante.
  • Y’avait pas de machine à laver la vaisselle, le linge, de séchoir ou de micro-ondes.
  • La douche était a l’extérieur elle aussi, surmontée d’une chiée de toiles d’araignées, car bien entendu, humidité et lumière attirent les insectes, et les araignées sont stratégiques.
  • Les dites araignées rencontrées le plus souvent à l’intérieur des maisons faisaient facile la taille de ma main voire davantage.
  • Je pouvais croiser durant les jours très ensoleillés des varans d’un à deux mètres se baladant tranquilos dans mon jardin, tout comme des pythons, des brown snakes (second serpent le plus venimeux au monde – juste sayin’) et autres reptiles arpentant cette partie  subtropicale du monde.
  • M. ne m’achèterait pas de viande, ici c’est vegetarian style.
  • Les taons, les fourmis, les sangsues et les moustiques adorent ma peau de rousse.
  • Autour de ma baraque, y’a rien. Genre. Rien. A part la cabane de ma voisine woofeuse vivant avec son fils de 3 ans, et la grande (et magnifique) cabane de mon hôte M. à 100m au dessus. Pas de lampadaires, pas de route, pas de commerces ou d’églises, on est juste seuls, sur une colline.

Et… Aujourd’hui…

Je n’utilise parfois même plus les toilettes pour mon pipi (et n’allez pas vous imaginer des trucs dégueus!), je prends les araignées dans la main (fyi : je me disais arachnophobe jusqu’à présent), je m’arrache une à deux sangsues par jours, la même pour les tiques, je regarde le ciel pour voir si la pluie arrive quand j’entends chanter les kookaburras, je lave tout à la main, à l’eau de pluie (on a quand même un système de canalisation parfaitement normal hein, on va pas mettre des sceaux sur le toit non plus!), eau de pluie avec laquelle je me lave (ma peau et mes cheveux n’ont jamais été aussi beaux btw). Je travaille la terre sans gants, commence à connaître chaque plante, ses caractéristiques, son système de racines, son comportement et ses vertus, j’ai apprivoisé un couple de pies australiennes, et ne fait même plus attention lorsque je croise la famille koala vivant dans l’arbre au dessus de ma maison, lorsque je fais fuir les troupeaux de wallabies avec ma voiture sur le chemin du retour ou qu’un varan, un perroquet, un python ou un bandicoot passent à côté de moi (oui, qu’on se le dise, les bandicoots ça existe – moi j’croyais que c’était qu’un jeu sur PS1 avant – high five my ‘Y generation brothers’ _o/).

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Bref, mon expérience perso ici, mais aussi voir toutes ces villes environnantes être capable de vivre, et vivre bien, sans que le capitalisme n’ait pu poser ses pieds où que ce soit (ou presque, impossible d’en réchapper complètement je crois…), m’ont fait ouvrir les yeux sur le fait que bah… Il est possible de vivre autrement. Et je demeure épatée par la capacité d’adaptation du cerveau et du corps humain ! Je n’aurais jamais pensé qu’un tel retour aux racines pour moi soit possible. Etant en temps normal si friande de mon maquillage, de mes fringues, de mes journées shopping, des accessoires électroniques en tous genres que je possède, de mes soirées resto où je m’empifre de viande, et me croyant parfaitement incapable de vivre sans bruit, sans personne, sans allers et venus de gens autour, c’était pour moi un défi de venir ici, bien que très attirée par l’expérience. Et bien le défi ne s’est pas fait sentir du tout, il est en fait passé crème, et mieux que ça.

Moi qui suis toujours et perpétuellement intriguée (bien que très sereine à présent) par ces questions d’avenir, de boulot, de réalisation, à me demander pourquoi je n’ai toujours pas ni « vrai boulot » (running joke lolilol), appart’, mari, labrador et enfants, je trouve ici un peu justification à cette errance positive que je pratique depuis quelques années désormais.

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Je crois que les gens ayant du mal à s’installer dans ce schéma classique de l’accomplissement au sens où l’entend la société occidentale, c’est tout simplement qu’ils sentent au fond d’eux qu’ils aspirent à un autre mode de vie. Comme si leur corps leur murmurait que pour sa survie, il lui fallait autre chose qu’un quotidien bien rempli, assailli frénétiquement de stimuli multisensoriels parfois bien trop importants en taille et en nombre. Le truc triste, c’est qu’on associe trop souvent le comportement “marginal” de ces gens là à une forme d’échec, de perdition, voir de déboussolage total. Alors que, non, l’histoire est bien moins dramatique que ça. Pour exemple, ici, un demi siècle auparavant, une génération s’est interrogée, et a décidé qu’elle n’appartiendrait pas aux idéaux de réalisation de la société moderne. Et les générations suivantes ont suivi avec entrain. Et moi c’est ça qui me fascine, c’est cette capacité qu’ont les nouvelles générations ici à pérenniser ce mode de vie, alors qu’il serait tellement plus facile de virer de bord et de s’américaniser comme le reste du monde le fait.

Après, c’est pas un phénomène isolé : on sait qu’Hawaii possède un peu le même mode de vie, tout comme certaines régions de la Californie aux US, et j’en passe.

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Alors, CERTES, aucun extrême n’est idéal, tout est question d’équilibre, et je trépigne d’impatience à l’idée de retrouver une vraie cuvette de toilettes un jour. Néanmoins, je trouve ici un immense bien-être. Et je pense que beaucoup d’entre vous pourraient le trouver aussi s’ils vivaient ce que je vis. Ce calme, cette communion avec la nature, et par extension, cette communion avec mon propre corps, que j’arrive bien mieux à écouter, sans toute cette pollution auditive et visuelle dont je m’entourais en ville, j’trouve que c’est putain de primordial et qu’un retour aux sources du genre, on devrait tous en prendre au moins une dose régulière comme on prend notre injection de caféine ou de nicotine matinale, histoire de remettre un peu les choses à leur place, avant de finir par bouillir allègrement.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas les amis 😉 des bisous jolis <3

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5 commentaires


  1. PFOUUUUUUUUUUUUUUU Mais je suis tellement trop amoureuse de ton blog (et de toi par extension niahaha).
    Tu mets le doigt sur tellement de problématiques qui sont les miennes en ce moment, je ne sais absolument pas comment te remercier… Ton article m’a avant tout touchée car je me suis dit « ah il y a des gens qui OSENT dire non, refuser ce qui est pourtant une évidence pour la société ». Clea me conforte dans les décisions que je prends pour ma vie en ce moment, la direction que je veux lui donner (notamment le fait que je ne veuille pas de « vrai boulot », cf ton article sur le sujet). J’ai longtemps culpabilisé chaque fois que je voulais quelque chose d’inhabituel (coucou papa et maman). Mais là c’est bon, tu m’as donné la clé, la solution à mes inquiétudes: il s’agit de m’écouter… S’écouter, écouter son corps. Ne pas lutter contre lui, contre nos désirs profonds (qu’au fond nous connaissons pertinemment mais que nous occultons).
    Donc Merci pour ce blog plein de bonnes vibes, d’honnêteté, et de générosité.

    J’espère qu’un jour, comme toi, je réussirai à toucher un animal sans crier 😀 (j’ai une phobie atroce des grenouilles et des escargots .. et de tout autre animal qui ne soit pas décédé en fait -_-).

    Plein de bises et bonne continuation!

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    1. Miss, il faut qu’on parle 🙂 ! Joignons-nous !

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  2. Voilà voilà… Par où commencer… Les quelques lignes que je viens de lire, quelques et non pas des moindres, m’ont fait l’effet de la madeleine de Proust concernant plusieurs expériences essentielles de ma vie, qui m’ont profondément touchées, guidées et continuent de m’animer au plus profond de mon être.

    On a tous, je pense, à un moment donné, touché du doigt cet instant de dépossession le plus total, qui fait qu’on se sent riche, comblé, et reconnaissant de la vie qui nous a été donnée.
    Il y a une forme de transcendance, je trouve, à communier avec la nature, et embrasser son rythme. On comprend qu’on y a sa place.

    Il est cependant difficile de faire le saut vers une vie totalement en harmonie avec la nature.
    L’être humain étant le seul animal ayant évolué en dehors de son biotope, et créant l’environnement dans lequel il désire vivre, il se perd trop souvent dans sa création, et en oublie ses racines.
    Le choix d’une vie alternative en marge du monde non-naturel qu’il a construit, et considère comme la norme apparaît comme un saut dans le vide aujourd’hui.

    Et c’est pour ça que de temps en temps, on s’offre des expériences à petites doses, loin de notre environnement quotidien pour se vider la tête et recharger les batteries… ouvrir les yeux de nouveau sur ce qu’on ne voit plus au quotidien.

    Je m’arrête là car c’est sans fin comme sujet…
    En tout cas merci de me mettre la madeleine sous le nez, j’ai le smile, et je retourne méditer nu face à la mer dans ma tête, comme j’ai pu le faire en réel à Wreck Beach il n’y a pas si longtemps.

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