Les rêves qui parlent, Freud, le Canada, toussa toussa…

J’ai fait un rêve…

Ouais j’ai rêvé que j’oubliais mon vélo dans la rue, que j’paumais mes clés de voiture et d’maison, que j’oubliais mon portefeuille dans un bar par terre sous un comptoir, et que j’me disputais avec le chauffeur de bus qui refusait d’me transporter. Y faisait gris, sombre, personne m’aidait et le temps passait à une allure folle… Bref, un tableau pas très folichon !

Mais je sais c’que ça veut dire tout ça, j’ai l’habitude ! Dès que j’suis face à des défis, des épreuves dans ma vie, je fais des rêves où tout m’échappe. Style quand je bossais un morceaux au piano que j’arrivais pas à jouer DU TOUT, je rêvais que j’étais face à un piano IMMENSE, dont les touches faisaient 20cm de large CHACUNE et évidemment j’arrivais absolument pas à jouer. Et ça m’faisait la même avec la conduite, j’rêvais d’un volant gigantesque. Le truc ASSEZ facile à analyser type partiel psychanalyse pour un étudiant en L1 psycho quoi !

Bref, cette nuit, c’était la merde. Mais surtout, dans ce rêve, quand je retrouvais mon portefeuille, on m’avait volé ma carte bleue qui était dedans. Mais ça, presque, je m’en foutais. Le pire, c’est qu’on m’avait volé mes cartes de membre canadiennes, celle du club de sport et celle de l’aquarium – oui, j’avais une carte de membre d’aquarium… Et quand j’m’en rendais compte, je pleurais en expliquant qu’on m’avait volé “mes derniers souvenirs Canadiens”.

Et ceci demande une brève explication : je suis rentrée il y a 3 mois du Canada. Vancouver, plus précisément. J’y ai vécu 1 an, 1 mois et 13 jours pour être précise. J’avais un visa appelé PVT (programme vacances travail, pour les néophytes), et je l’ai utilisé comme son nom l’indique, pour travailler (et ainsi apprendre l’anglais), et pour voyager. Seattle, Portland, Los Angeles, San Francisco, San Diego, Las Vegas, Grand Canyon, Whitehorse, Chiliwack, Toffino, Hawaii… J’ai visité, exploré, admiré et adoré tous ces endroits, et j’ai flâné, trainé ou travaillé dans d’autres, et j’ai sûrement passé là-bas la plus belle de mes 25 années d’existence.

Je suis rentrée pour diverses raisons (et peut-être parce que je n’étais pas prête aussi), mais ma vie là-bas me manque énormément. Je vais pas dire que je la regrette, c’est pas le mot. Et faut pas avoir de regrets, on fait jamais les choses par hasard. Non, juste que le bonheur que j’ressentais là-bas a été remplacé par un autre type de bonheur maintenant, mais cet ancien bonheur bah… Des fois il me manque oui. Un peu comme un mec qu’on a largué parce qu’on sait bien qu’ça aurait pas marché, mais auquel néanmoins on repense avec un p’tit sourire nostalgique, un pincement au cœur.

Mais pour relier mon expérience Vancouver à la trame de fond de mon blog à savoir le bordel que c’est de trouver sa voie dans ce monde de brutes, j’dirais que même si j’ai passé un an à faire ce qu’on appelle connem… Heu communément des “petits boulots” (j’ai été caissière, vendeuse, serveuse, représentante service client et ce genre de trucs), eh bien j’ai trouvé ça immensément enrichissant.

D’une part parce que ça m’a permis d’apprendre l’anglais comme JAMAIS l’école n’avait pu le faire auparavant. En plus j’avais souvent à faire à gens dont la langue d’origine était autre chose que l’anglais, DONC des gens avec accent, DONC avec lesquels t’avais intérêt à prononcer correctement, sous peine de perdre un temps considérable que tu peux pas te permettre de perdre quand t’as 20 personnes qui attendent derrière en râlant.

D’autre part, parce que ça m’a ouvert l’esprit. J’veux dire, je sortais tout juste d’un master 2 après lequel on nous recommandait à tous vivement de rapidement trouver un travail, sous peine de prendre du retard, de s’faire devancer par les ptits nouveaux sur l’marché, de n’plus être recrutables etc. etc. Et tout ça, ça met la pression. Mais je suis arrivée au Canada, et j’ai clairement vu que je pouvais être heureuse en faisant peut-être autre chose que ce que j’avais prévu de faire à l’origine. J’ai vu qu’on pouvait changer ses plans, et être bien dans ses baskets quand même.

Et enfin, j’ai eu la preuve qu’ailleurs, trouver du travail en 3 jours c’est possible, et ce alors même que t’as pas forcément suivi le parfait cursus pour. Ou encore être augmenté rapidement parce que tu travailles bien, ou évoluer hiérarchiquement en quelques mois. C’était quelque chose qui pour moi était presque de l’ordre de l’utopie quand je n’avais encore habité qu’en France.

Et j’ai notamment rencontré un tas de gens, des gens respectables, intelligents, sympas, drôles ou encore qui écoutait tel ou tel genre musical ou se fringuait de toutes les façons possibles, et quel qu’ait été leur style, leur façon d’penser ou leur origine sociale, ils occupaient tout type de boulot. J’veux dire par là que là-bas, j’ai trouvé qu’on catégorisait moins les domaines pro qu’ici en France. J’veux dire, j’pouvais croiser un grand tatoué piercé à la tête d’un cabinet d’assurance, un grand black snoop doggy dog style en assistante sociale, ou même le prototype de la mère de famille nombreuse derrière le comptoir d’un mcdo. Enfin, j’sentais qu’y’avait moins d’idées reçues vis-à-vis de la fameuse “gueule de l’emploi”.

Et pis là-bas, j’ai l’impression qu’ils ont compris que oui, à 18 ans, on est que très rarement apte à décider de ce qu’on va faire de sa vie. On peut se chercher, et personne viendra t’en incriminer.

Et j’ai aimé ça, moi, rousse tatouée piercée que je suis, qui se fait sermonner chaque jour comme quoi si j’continue à me faire tatouer, à me chercher, à songer à mes réelles envies profondes, à prendre du temps pour tout ça, à changer d’avis, à travailler dans d’autres pays, à ne pas cotiser pour ma retraite, à ne pas me poser, je vais “gâcher” ma vie et mon avenir.

Et donc en faisant tout dans les règles très vite et tout comme les autres autour, on seras plus heureux c’est ça ? Ou juste plus en sécurité ?

C’était mon post hippie du soir. Merci bonsoir 😀

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