Nos ovaires, ces nouvelles usines à testostérone.

Ça fait un bon moment que j’ai envie de crier en faveur des hommes.

Oui des hommes.

(parce que nous les filles finalement, on se plaint facilement pour pas grand chose, alors qu’eux on leur apprend à se la fermer depuis tout petit, alors ils l’ouvrent pas et souffrent en silence – ou alors on les entend quand ils ont un rhume et qu’ils ont besoin qu’on prenne soin d’eux comme une maman dont on aime finalement à prendre le rôle hein on va pas s’le cacher).

Ces petites choses que l’on stéréotypise, que l’on persécute et martyrise depuis que nous femmes avons su clamer notre droit d’être leur égal.

De fait, j’ai rarement (voire jamais) entendu ou lu de plaidoyer en faveur des hommes. C’est vrai, depuis des décennies (du moins depuis celles pour lesquelles j’existe) je n’ai fait qu’entendre des filles, des femmes, se plaindre de ce que les hommes leur font subir. Ouais on les connait tous hein ces phrases du type « Les hommes c’est tous des connards » ou « Vous êtes tous les mêmes!« .

Et là je vais sûrement me mettre des femmes à dos mais…

J’suis pas d’accord. J’ai l’impression qu’à force de dire que vous êtes des connards, on a pris ça pour acquis, et on entre inconsciemment peu à peu dans une espèce de guerre tacite des sexes, qui nous convainc qu’il faut au final apprendre à se passer de vous, parce que vous n’êtes pas essentiels à notre survie (sociétale j’entends).

Je crois que depuis quelques temps, on est entré dans une nouvelle ère :

une ère où les rôles s’inversent. Sérieusement. Quand j’regarde autour de moi, pour 2 filles qui vont me raconter qu’elles se sont fait trahir, larguer, bafouer par un mec, j’ai 8 potes mecs à moi qui vont pour ainsi dire me pleurer dans les bras en m’expliquant combien ils souffrent à cause d’une fille. Et souffrance SOUFFRANCE hein. Pas genre la souffrance que dès que tu te mets à regarder ta série télé tu zappes tout et tu ris.

Vous avez pas fait l’même constat ?

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J’veux dire, globalement (pas toujours les filles JE SAIS que nous aussi on a souffert), j’ai l’impression que les mecs perdent leur statut de mec, qu’ils savent plus vraiment comment se positionner, et que du coup bah… Ils s’font larguer fastoche.

C’est vrai non ? Reprenons les étapes de conquète de l’autre depuis le début :

L’étape Drague : Malgré une recrudescence grandissante de filles osant faire le premier pas (merci Jack Daniels, Smirnoff, Bacardi et les Cosmopolitains), c’est quand même toujours ancré dans l’inconscient collectif que c’est aux mecs de faire le premier pas. Le truc c’est que jadis, les mecs le faisaient, ça va ! Et ils étaient habitués à se faire rembarer, c’était l’jeu ! Mais maintenant, ça devient tout une affaire d’état. Parce que les hommes savent à quel point les femmes gagnent du pouvoir, et combien le pourcentage de chances qu’ils prennent un rateau est en constante augmentation. Puis alors nous on attend hein ! La règle veut que ce soit l’homme qui vienne, et on se soucie pas de savoir si c’est une épreuve de force pour lui ou pas ! On se dit pas que s’il vient pas, c’est peut-être parce qu’il est mort de trouille non non ! Puis nous les filles, avec tous nos artifices vestimentaires et cosmétiques, avec notre indépendance grandissante et les multiples biais de rencontre internet et autres, bah quelque part on sait que le « 10 retrouvés » qui vient après « 1 de perdu », maintenant il s’est transformé en 20, voire 30 ! On s’inquiète pas !

L’étape Première fois : En plus, on s’émancipe sexuellement. Et ça, ça joue aussi considérablement. Bah oui les garçons sont perdus ! Avant, s’ils voulaient faire usage de leurs organes génitaux, ils allaient vers les « Marie couche-toi là ! », vers les filles « volages », « faciles », légères ». Par contre, s’ils voulaient se marier, fallait viser les autres, les « sérieuses ». Oui mais maintenant, soyons honnêtes, tout l’monde couche facilement ! Vive les capotes, les DIU et la pilule ! Plus de bébé, les transmissions de MST sont contrôlables (pardon on dit IST maintenant, parce qu' »Infection » ça fout plus la trouille que « maladie » selon l’OMS – c’est vrai qu' »infection », ça fait de suite pus, boutons et asticots 😀 – amis de la poésie, yo!). Et puis du coup, comme y’a plus vraiment cette sacralisation du sexe chez les femmes, je crois qu’on a plus trop la trouille de changer de partenaire si l’on n’est pas satisfaite. Ça devient un critère de rupture valable et assumable (merci Sex and the City, Desperate Housewives et Ally McBeal – oui je parle à ma génération).

L’étape alternative du « Plan Cul » : Et alors si nous on gagne en assurance, en confiance et en liberté par contre, les mecs doivent toujours faire leurs preuves hein ! On en parlait juste au dessus avec la drague, le premier pas tout ça, ben c’est la même au lit j’ai l’impression. On a pris pour acquis que VOUS deviez NOUS satisfaire. D’ailleurs, on parle toujours de « bon coup » à propos d’un mec. Mais à part dire d’une fille qu’elle « aime le cul« , ou pas, on entend rarement les hommes juger nos performances (outre buccales certes). Tant qu’on a envie assez souvent, globalement vous êtes pas hypra difficiles, ça vous convient. Mais nous ! Qu’est-ce qu’on vous juge ! La taille, l’endurance, l’appétit, la confiance en vous, l’originalité, les poils, la prise d’initiatives… En gros, j’ai l’impression que souvent, la fille dispose et le gars doit limite passer un entretien d’embauche.

Et s’il réussit, il a l’honneur de devenir le « friend with benefits » de madame. Oui parce que madame n’aime plus s’encombrer de relations. C’est trop de soucis, trop d’enfermement, trop de poils collés dans le lavabo d’la salle de bain et trop peu de liberté dans les choix de programme télé.

L’étape Relation à proprement parler : comme on le disait, la femme devient indépendante. Quand je discute avec mes grand-mères, je me rends compte qu’elles ont beau avoir été des femmes fortes et respectées, malgré tout, c’était quand même un autre temps. La femme avait souvent pas le permis, ou pas de voiture propre, souvent elle ne travaillait pas, et être au foyer était chose courante, elle savait faire la cuisine genre vénère, elle devait aussi être mariée et fécondée jeune (cf. Les Catherinettes, et comment c’était trop la honte de toujours pas avoir trouvé chaussure à son pied à l’âge de 25 ans). Et puis, parfois, c’était presque acquis, toléré, que le mari aille voir ailleurs si sa femme n’avait plus envie de le satisfaire physiquement. Et puis fallait s’occuper des enfants, faire le ménage, et attendre le pécule que le mari se devait de ramener mensuellement à la maison.
Bien entendu, on est tous d’accord là-dessus, tout cela était parfaitement extrème, on pourrait plus vivre comme ça maintenant. Mais c’était l’équilibre du couple jadis, et je pense pas que les gens fussent (ouais fussent) malheureux de cette situation.
Mais maintenant… Sous couvert de vouloir rechercher une nouvelle forme d’équilibre, égalité des sexes et compagnie, tout semble finalement désquilibré (pensez-y, y’a pas FORCEMENT besoin de poser le même nombre de poids de chaque côté de la balance pour tenir les plateaux au même niveau… Tant que la masse de chaque côté est la même ! – cc Mr. Sonzogni et les cours de dynamique _o/).
Désormais, la femme conduit, s’amène elle-même là où elle veut, sort, se prend des cuites, fume, gère en g33kisme, travaille, élève ses gosses seule avec brio, et elle peut même utiliser un vibro sans scrupules si elle a personne à se mettre sous la dent. Et puis EN PLUS elle sait faire son ménage et gérer ses papiers toute seule (oui elle s’entraine depuis des siècles contrairement à monsieur), et même qu’elle se met à bricoler, et qu’elle arrive ENCORE à trouver du temps pour des activités extra-professionnelles d’épanouissement corporel et spirituel (entendez yoga, salsa, vélo en salle, sophrologie, méditation, poussage de bébé en poussette & footing, manip énergétiques, et tous ces trucs cools et pas toujours très rationnels qu’on ose toucher du doigt parce qu’on s’en fout de s’enfoncer encore plus dans le stéréotype ambulant que l’on est?). Eh oui, la femme est désormais auto-suffisante.
Mais en est-il de même pour l’homme ?

L’étape Rupture : si j’en crois mes stats perso (à savoir les expériences que j’observe autour de moi, et non celles qui me sont propres), ce sont le plus souvent les filles qui rompent, de plus en plus du moins. Et quand vous demandez les raisons à vos potes c’est quoi qu’on entend ?
– « Bah elle s’est remise avec son ex…« .
– « Elle a pété son plomb elle est partie vivre en Ouzbékistan cultiver des patates… Elle a l’air heureuse sur ses photos instagram…« .
– « Béh elle disait qu’elle étouffait, et que je prenais pas assez d’initiatives, qu’on sortait jamais…« .
– « Elle m’a trompée… Non mais moi j’avais pardonné, mais elle est parti avec lui.« .
– « Elle dit qu’on est devenus plus amis qu’autre chose au fil des ans…« .
– « Elle a dit qu’elle voulait reprendre sa vie en main et que je l’en empêchais… Ouais un boulet ouais. »

Ou alors c’est moi qui suis entourée de mecs trop gentils et perdus et de filles-putes hein 😀 mais en tout cas, je vois que les femmes hésitent pas à faire changer leur vie du tout au tout quand un ras-le-bol survient, alors qu’il semble y avoir davantage de difficultés à ça chez les hommes, qui eux ont davantage de constance, de foi, de conviction que tout s’arrangera (et de fainéantise un peu aussi). La femme, ça va pas, hop! : poubelle et elle s’casse. Et elle a pas peur. Ou alors oui, elle a peur, mais elle serre les dents et sait que ça passera. Et elle se remet souvent mieux de la rupture que l’homme aussi.

 

Et si je me prends moi en illustration de tout ça (oui j’ai forcément été inspirée pour cet article par des impressions familières et relativement persos aussi), je sais que je suis une fille assez indépendante. Malgré mon besoin de complicité, de symbiose avec mon partenaire, je sais que dans l’idéal, je suis tout à fait capable de passer mes journées par monts et par vaux sans lui, à faire ce qui me plait, à vaquer à mes occupations seule ou avec mes amis, du moment que le soir, dans le lit, je le retrouve 😀 Oui, j’aime pas dormir seule.
Et puis je me sens pas très femme, dans l’absolu…. J’ai toujours un peu préféré le monde des hommes. Les jeux vidéos, les musiques qui tapent fort, les films avec du sang, manger gras et parler du corps humain \o/ Et ça a toujours été. Déjà petite je massacrais les cheveux aux barbies, alors que je collectionnais les garages à toboggans, les voitures télécommandées, et restais scotchée devant Les Tortues Ninjas, Nicky Larson et Pokémon. Puis je trouve souvent les hommes plus honnêtes, plus francs, plus solidaires aussi…  Y’a qu’à voir les environnements de femmes et les bastons à foison qui y naissent. Même si j’adore aussi être une fille, je suis quand même la plus heureuse quand je suis entourée de potos, avec un verre d’alcool, une belle pièce de viande rouge, un plat de pâtes et un épisode de The Walking Dead (pute borgne comment elle est géniale la dernière saison <3). Et comme de plus en plus de femmes, tout comme ce cliché de l’homme connard désuet, j’ai aussi déjà brisé plusieurs cœurs, soit parce que l’engagement me faisait peur, soit parce que je m’ennuyais, ou que je n’aimais pas la façon dont on s’adressait à moi. Alors bien entendu, à un moment donné il faut savoir accepter certains inconvénients, ça ne peut pas être tout rose conte de fées licornes et caca papillons je le sais bien. Mais un minimum ! On n’est plus à l’époque ou il fallait rester mariés coûte que coûte pour la bienséance et parce qu’on retrouverait personne d’autre, non!

Et c’est peut-être ça, du coup, qui pose problème. On sait TELLEMENT qu’on retrouvera, que nos vies sont plurielles et s’allongent, que du coup il n’y a presque plus de conviction, de combat pour le couple et de foi en l’amour. Moi-même je n’y crois pas/plus…

Mais comme toute fille je pense, très profond au fond de moi, je me dis quand même que « le jour où je tomberai sur le bon, je saurai« , et j’arrêterai de me poser des questions.

ET EN ATTENDANT BAH… On veut pas s’faire chier ! Et puis alors qu’est-ce qu’on fait ? Malinettes qu’on est? On court après les têtes de cons, et on esquive les mecs biens. GG. Aussi parce que les têtes de cons nous proposent pas d’engagement contrairement à l’autre type d’homme évoqué. Ce qui en fait au fond nous arrange pas mal. Alors on se sent libre et on aime bien (libre… Libre de courir ouais ! En fait on l’est pas du tout parce qu’on se laisse vite aliéner par ce débile qui répond pas aux textos !)

Conclusion (la fille qui se croyait en cours de philo) : je pense qu’on a besoin de rééquilibrer les choses. Avec tempérance cela dit. Car le monde évolue. Stop aux sextoys qui remplacent l’homme, stop aux convictions qu’on peut avancer dans la vie sans vous. Parce que le fait est que certes, logistiquement parlant, on peut faire sans vous oui. Mais dans le fond, vous nous êtes indispensables. Parce qu’on a beau bomber le torse, jouer la mère-père lorsqu’on se retrouve seule un gosse dans les bras, dire qu’on gère, qu’on a pas besoin d’amour, de couple, de bras, de vaisselle pas faite, de gouttes de pipi sur la lunette, de chaussettes salles aux 4 coins d’l’appart’ et d’une invasion de surface litale, le fait est qu’être dans les bras de quelqu’un qui nous aime et qui nous aime BIEN, pas pour lui-même, mais juste pour aimer, ça intensifie et décuple ce qu’il y a de meilleur en nous. Ça donne du sens aux choses, ça rassure, ça complète, ça épanouit, ça fait synergie.

Alors morale de cette histoire et conseil mesdames : faites des conneries, sachez ce que vous voulez et ne voulez pas, restez seules (c’pour moi ça), sachez que vous en êtes capable quand même, et puis sachez accepter vos faiblesses, vos manques, et là réalisez qu’on finit toujours par avoir besoin d’un autre. Comme je disais l’autre jour à une copine : voyage, découvre toi, découvre le monde, et sur la route, trouve ton pigeon, et là t’auras une vraie motivation d’atterrir et de construire un nid ! Tout fera sens !

ET LAISSEZ ENTRER CE PHALLUS QU’EST L’AUTRE ! SANS ESSAYER DE LE CASTRER \o/ (non mais c’est vrai quoi, regardez ce qu’on fait de vous, DÉFENDEZ-VOUS LES MECS ! Après on se retrouve avec comme choix des androgynes sympa mais sans testostérone ou des gros musclés jolis mais sans cerveau…). Réapprenez à pisser sur les poteaux de votre territoire, soyez fermes, soyez forts, soyez la clé de voute de la femme et son bonheur, comme nous sommes clé de voute entre vous et les films à l’eau de rose 😀 !

Ceci était un message de la part de la femme virile et pourtant en manque d’amour que je suis, à vous les hommes bafoués par toutes ces Beatrix Kiddo, ces Cristina, ces Beyonce et ces Brigitte Bardot en puissance que nous devenons.
Merci.

2 commentaires


  1. J’suis bien contente de ne pas me retrouver du tout là dedans! xD

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