Pas pieds qui flotte.

Y’a quelques mois, j’avais dessiné sur une feuille un espèce de schéma de mes envies professionnelles couplées à mes compétences et savoir-êtres. Un truc avec des bulles et des connexions, des flèches et des inférences, une carte heuristique, ou arbre à idées. Un espèce de plan de vie future assez exhaustif voire assez intime, avec des gribouillages de conneries partout dans les coins. – Bravo Marie R. pour l’idée <3 – et mon nom au milieu.

Je l’avais laissé sur la table du salon, le temps de méditer dessus, d’y jeter des coups d’œil réguliers, que ça mûrisse, en espérant que peut-être, à force, ça m’aide à trouver LA voie que je devrai prendre. J’y balançais mon regard encore récemment, en souriant du fait de l’étendue un peu trop large à mon goût de l’éventail de mes envies et aspirations. Ces derniers jours en revanche, je l’avais oublié, sans pour autant ne jamais l’avoir rangé, car mes idées étaient encore trop floues pour que je n’ose m’en débarrasser. Bref, on s’aide comme on peut.

Aujourd’hui, il fait meilleur à Paris. Il a bien plu ce matin, le temps s’est rafraîchi, y’a pas mal de vent. Rentrant alors du travail, je me penche à la fenêtre afin d’inspirer une bonne bouffée d’air frais (« frais« ).

Là, en bas, dans la cour intérieure de l’immeuble, en plein milieu du passage, je vois une page blanche collée sur le béton, adhérant au sol comme un arapède sur un rocher du bord de mer corse.

C’était mon plan de vie. Qui s’est envolé par la fenêtre pour aller se placarder par terre au rez-de-jardin, suffisamment mouillé pour coller au sol, mais pas assez pour que l’encre soit un tant soit peu liquéfiée et la lisibilité altérée. Ceci même à la vue de tous mes voisins, qui déjà m’entendent chanter Frozen depuis 6 mois matins et soirs à tue-tête et nous voient danser culs nus sur du Simple Plan au réveil. Un peu plus un peu moins… Maintenant ils savent au moins d’où viennent les troubles.

Bref, l’envol de la feuille, coïncidence, c’était joyeusement symbolique. Mes idées ont pris leur envol, se sont ancrées dans le sol, et la pluie, le vent puis le soleil ont œuvré de concert pour sceller le tout à la terre. Comme pour notifier le fait que le plan qui s’élabore actuellement dans ma tête et prend peu à peu forme au gré de mes échanges d’e-mails est enfin le bon…

 

… Ou ptèt’ juste qu’en fait la coréenne (de mon cœur!) qui squatte dans notre salon depuis 3 mois aurait pas dû utiliser mon plan de vie en guise de sous-plat pour décongeler du pain en plein soleil hier sur le bord de la fenêtre.

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