Slumdog Millionaire et Paolo Coelho sont sur un bateau, ou la prophétie du « vrai » métier réalisée

Hey les gens.

Bon. ça fait à peu près mille ans que j’ai pas écrit. Et ça fait donc mille ans que je rajoute des idées à ce brouillon. Au début, c’était censé être à propos d’un mal-être latent existentiel et je ne sais quel autre mélodrame y’a à peu près 8 mois de ça.

Puis c’est devenu un article en rapport avec les gens qui quittent notre vie.

Puis c’est finalement devenu un gros foutoir. Avec pleins de notes sans dessus dessous d’une meuf perdue qui a trop à dire. Et effectivement j’ai trop à dire. Donc je pense que je vais compartimenter. On disait que cet article, ça sera un article de transition/reprise de l’écriture. Donc je vais y dire des banalités, ‘pouvez passer votre chemin. Ou rester et lire mes conneries si comme moi vous êtes debout à 3.30 du mat’ sous l’emprise de l’extrême fatigue hallucinatoire et décuplante.

En fait, je vais résumer ma vie de 2016. Pas pour que tout le monde le sache, mais juste parce que ça fera de l’ordre dans ma tête (et que ça distraira les gens debout à 3.30 du mat’ sous l’emprise de l’extrême fatigue hallucinatoire et décuplante – on disait que ça s’appelait l’EEFHD. Mais ça sert à rien de retenir cet acronyme de merdouille parce que l’on s’en reservira pas!).

Ce qu’on va faire en fait, c’est que je vais vous raconter ma croyance complètement naze et irrationnelle que, comme disait un type : « Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve. » En fait, ce que je vais vous raconter, j’y crois pas vraiment, mais j’aime bien me faire croire que j’y crois. Ca rend ma vie un peu magique. Comme quand je cours dans le noir en revenant dans mon lit parce que je m’imagine qu’un fantôme va me poursuivre. JE LE SAIS que c’est pas vrai ! Simplement, j’arrive quand même à me foutre la trouille. Partant de rien. Je trouve ça fun l’imagination ! Bref ! Donc ! Résumé de l’épisode précédent :

Début 2015 (oui, c’est loin), je suis rentrée d’Australie. Le flou professionnel s’emparait de nouveau de moi. Je décide alors de travailler dans un magasin bio DONT JAMAIS JE NE CITERAI LE NOM MÊME SI TOUT LE MONDE SAIT. Et puis, comme je l’avais également conté dans un de mes précédents articles, angoissée de l’extrème que je suis, je décide ensuite de ne plus travailler qu’à temps partiel pour m’octroyer du temps pour bien BIEN angoisser encore plus et faire enfin face à mon destin. Ce qui ne fut finalement pas une mauvaise idée puisque de fil en aiguille, en discussions, en écoutant ma ‘inner voice’, je me suis soudain dit « Hey mais, pourquoi j’irais pas à Bruxelles ?! ». Ca sortait de nulle part, mais j’avais un ami là-bas que je tenais à voir, et mon amie coréenne étant de passage à Paris, elle m’y accompagnerait.

Nous voilà parties à Bruxelles, super weekend, gaufres, bières, frites etc. (oui on fait toujours dans les clichés pour une première fois dans un pays). Et, à un moment du séjour, je parle à mon ami, et au milieu d’une conversation, voilà qu’il me dit « Oui c’est mon art thérapeute qui me l’a dit. » Et là, ça a fait tilt dans ma tête. Comme jamais auparavant. Je me rappelle qu’avant de m’endormir ce soir là, j’avais parlé à ma mère sur le net et lui avais dit « maman, j’crois que j’ai eu une illumination : je vais voir si je peux pas bosser dans la musicothérapie. C’est peut-être un coup de tête comme j’en ai souvent, mais on verra si c’est encore là quand je me réveille demain matin. » Le tout premier truc auquel j’ai pensé en me réveillant le lendemain matin, bah vous devinez bien ce que ce fut. Du coup comme ça, j’me suis auto-filé des petits défis en m’disant « ok si l’idée est encore là ce soir… », « ok si l’idée est encore là dans deux jours… », et c’est la première fois de ma vie qu’une ambition m’obsédait autant. J’ai alors commencé à chercher les diplômes existant en musicothérapie en France… Autant vous dire que j’ai pas vraiment fait mouche. Je me suis alors mise à chercher un brin plus loin…

Et voilà t’y pas que je trouve le diplôme rêvé. Un diplôme universitaire d’1 an à Montréal pour devenir musicothérapeute. Donc je tombe sur la page de ce truc, Université Concordia, truc prestigieux qui coûte un bras… Je regarde les prérequis : savoir jouer du piano, de la guitare, chanter, anglais courant, crédits universitaires en psychologie, en musicologie, et 10 000 balles d’économies.

Suite à ça, je ferme la page et me mets derechef à chercher des écoles en France. Et là, moment décisif de ma vie, vous savez un d’ces moments super anodins, courts, insignifiants, mais qui changent le cours d’une existence, le butterfly effect quoi. G. me voit fermer la page web. Alors il me dit :

_ G. : « Bah, pourquoi tu fermes ? »

_ Moi : « Bah parce que. Regarde tous les prérequis. Et ça doit coûter un rein. Et c’est loin. Infaisable.

_ G. : « Erika… T’as 5 ans de psycho dans le dos, tu pianotes depuis petite, tu te balades avec ta guitare sur le dos depuis des années à apprendre de ça de là, tu parles anglais couramment, t’as de l’argent de côté… C’est presque Slumdog Millionaire là. T’as par hasard (d’aucuns diront que le hasard n’existe pas, je sais) réuni depuis des années tout ce qu’il fallait pour ce diplôme sans même savoir qu’il existait. Te manque QUE les crédits en musico. Te suffit de faire 6 mois en fac de musique et t’as tout. Tente.

_ Moi : (confiante) « Heu… Non. »

_ G. : « C’est ta légende personnelle meuf. Fonce. Regarde tes yeux, ils brillent ! »

_ Moi : « … »

Et c’est vrai que mes yeux brillaient. J’avais des larmes qui pointaient et un sourire niais sur la face.

C’est comme ça que dès le lendemain, je me suis mise à faire davantage de recherches sur ce diplôme à Montréal. A chaque détour de page web, à chaque clic, j’étais effrayée de tomber sur un truc qui me ferait me rendre compte que je ne pourrai finalement pas postuler. Type un âge limite, ou plus de crédits à obtenir que ce que je l’avais compris. J’étais en flip complet, en mode autruche de la mort qui tue. Mais pour une fois, j’avançais quand même. Les yeux fermés les doigts dans les oreilles, tremblante, mais j’avançais. Je sentais qu’il le fallait. J’avais une boule d’excitation dans la poitrine, qui jamais ne s’éteignait.

C’est alors que j’ai postulé à Paris 8, en musicologie, histoire d’obtenir mes crédits, après m’être assurée auprès de la fac de Montréal que suivre un an de musique à Paris conviendrait pour postuler ensuite à leur diplôme. La fac de Montréal m’ayant donné son accord, me voilà partie à Paris 8, en Licence 1, retour en mode sortie de lycée, et apprentissage de cette théorie de la musique que je n’avais jusque là jamais appréhendée.

Ellipse temporelle. Mars 2016.

Mars 2016, déjà 7 mois de musicologie à Paris 8 dans le dos, heureuse comme une palourde à marée haute parce que je baigne dans la musique de nouveau, parce que je rencontre de si belles personnes… Tellement que j’en oublie presque pourquoi je suis là. Et puis, un e-mail de Montréal….

… Et j’apprends que je suis sur liste d’attente. Je suis « 17 ème » me disent-ils, et ils ne prennent que 16 personnes. A ce moment-là, malgré l’investissement massif que j’ai mis dans le projet de partir au Canada, ma vie parisienne me plait tellement que je ne m’en fais pas d’être refusée. Je me dis que quoi qu’il arrive, je fais de la musique, et que je peux trouver une école privée sur place qui enseigne la thérapie par le son. C’est sûr, c’est moins prestigieux que la Concordia de Montréal, mais je fais de la musique, tout va bien.

Puis je veux plus quitter tous ces gens, ceux de la fac, puis les profs, et mes collègues du magasin bio… J’ai toujours cette impression que quitter les gens, c’est comme s’ils mourraient. Mais non mais en fait ils existent toujours Erika putain ! C’est comme quand tu prends l’avion et que tu te rends compte qu’une fois la couche de nuage dépassée, y’a le soleil au dessus. Il était là tout du long, il était juste caché.

C’est con n’empêche, si je quittais Paris, je sortirais du diktat de la tenue vestimentaire. Ouais parce que je suis redevenue esclave de l’apprêtage physique, et ça me fait chier. Mais bon au moins à cette heure je suis presque une vraie parisienne, je sais jusqu’à quel bout de quai marcher pour atteindre ma sortie plus rapidement à l’arrivée (non en fait j’aurais été une vraie parisienne si j’avais eu ma paire de Stan Smith). En plus, si je partais de Paris, je verrai plus les migrants qui mettent qu’ils sont syriens sur leurs pancartes dans le métro, parce que maintenant, y’a besoin de s’étiqueter d’une nationalité pour inspirer plus de pitié. C’est triste le monde. Et si je partais de Paris, j’irais plus refaire le monde à la terrasse du Faubourg 34 avec G., je verrais plus les jolis yeux bleus de M., ni n’entendrais la jolie voix de S. qui chante Sous l’Océan avec moi… J’irai plus jamer avec D. à l’acerma le mardi matin… Non non, il tombe bien ce refus de Montréal. Paris me manquerait trop.

Alors, je me fais à l’idée de Paris. Elle est belle Paris. Et Pigalle, Pigalle c’est joli.

Ellipse temporelle again.

Et puis, un jour, je reçois un autre e-mail… Mi Mai.

Mi mai. Je suis assise à table avec J. à la cafèt’ de la fac, on chill, on révise l’intonation. Je lis le mail en travers histoire d’être sûre de pouvoir le supprimer et… Mes yeux s’accrochent sur « We are very pleased to inform you that we have agreed to recommend you for admission… » Et là, sueur froide. Je crois comprendre qu’on parle finalement de m’accepter ?! D’où ? De quand ? Pourquoi ? Je me suis convaincue que j’étais mieux à Paris, j’ai fait tant d’efforts [inconscients] pour en être persuadée, tout ça pour rien ?… Après quelques échanges avec la secrétaire du département de musicothérapie à Montréal, j’apprends qu’une place s’est libérée, et que je fais donc partie des 16 sélectionnés pour faire partie du Music Therapy Graduate Diploma 2016/2017.

Et là panique. Je passe par 12000 émotions simultanées, théorie de l’engagement agissant, dissonances cognitives, déni, euphorie, décompensation et j’en passe. Bref… Je décide de quitter Paris. Je peux pas me permettre de refuser d’être acceptée dans un tel diplôme.

Prépare tout, va chercher ton visa, paye, visa qui tarde à arriver, on est mi juillet, le cours d’intro à Montréal débute le 3 août. Le visa tarde encore. On est fin juillet. Pas de visa. Le cours commence bientôt. J’ai ni visa, ni billet d’avion. Angoisse. Puis j’écris à la Concordia, effrayée qu’on me refuse puisque je ne peux pas me présenter en temps et en heure au début des cours. On me répond alors qu’on ne va pas m’éliminer juste parce que je ne peux pas assister au cours d’intro, et que je suis attendue avec impatience début septembre pour le début des cours à proprement parler. J’aurai quelques livres à lire en attendant d’arriver à Montréal. Soulagement…

Ellipse temporelle toujours. Voyage en corse, Visa qui arrive, billets pris, décollage pour Montréal fin août, début des cours.

Tout s’enchaîne à peu près comme il faut. Qui plus est, je n’ai pas à chercher de logement. Mon ami roux (oui c’est son signe distinctif, ça et le fait qu’il casse tout ce qu’il touche, et que son rire soit l’un des rires les plus joviaux qui existent) qui habite à Montréal depuis longtemps m’apprend qu’une chambre est dispo dans sa coloc pile quand j’arrive. Je m’installe donc chez lui. Pas besoin de chercher. La Slumdog Millionnaire prophétie continue.

Et là… Arrive le moment de payer les frais scolaires. Petit rappel : on est en amérique du nord, à l’université, en études de second cycle. Je m’attends à payer 10 000 $. Je me connecte sur mon compte étudiant, et avec horreur voit s’afficher le double de la somme que je suis censée payer. Là j’appelle ma famille, je pleure, je panique, je dis que je rentre en France, je n’ai pas tant d’argent. Même si je vendais mes yeux je les aurais pas. Et puis, paniquée, je me rends tout de même au bureau des étudiants étrangers pour me renseigner. Puis auprès de mes camarades de classe. Petit à petit, il me semble comprendre que je ne dois pas payer tant, que le montant va baisser. Alors je fais des réclamations, j’explique être française (il y a des accords franco-québécois pour réduction des frais scolaires), etc. Et, je me connecte à mon compte de nouveau, et vois que le montant a baissé.  Et comme ça, je me reconnecte de temps en temps pour voir si le montant baisse… Jusqu’à la veille de la date limite de paiement.

L’autruche, the come back : je me connecte à mon compte, et sais que le montant qui sera affiché là sera le dernier. J’ai peur (toujours cette conviction que ça n’est pas possible que tout aille si bien, et qu’une couille dans le potage va forcément faire son entrée – enfant traumatisée que je suis). J’ai peur car le montant va définir mon mode de vie des 11 mois à venir. Je ne vis que sur mes économies, donc chaque dizaine de dollars compte…

Je tape l’adresse…

Je rendre mon mot de passe…

Connexion en cours…

Je cache l’écran d’une main et mes yeux de l’autre…

Courage. 1, 2, 3…

Et là…

S’affiche un montant ridicule. Je crois rêver. C’est 5 fois et demi moins cher que prévu. Une joie immense s’empare de moi. Doublée d’angoisse parce que je me dis que c’est pas possible et qu’on va m’annoncer que c’était une erreur. Mais quand même ! J’essaie d’y croire ! Je danse dans tout l’appartement. Je n’ai pas besoin de rentrer en France, je peux rester et jouir de cet apprentissage merveilleux, du froid polaire, de la poutine et du sourire des québécois. Ben lo ! C’est-tu vrai ? Pourquoi je paye-tu plus cher qu’un canadien non québécois ? J’ai presque honte de payer si peu.

Maintenant j’ai plus trop honte. Parce que cette formation est tellement chronophage que je ne vais pas avoir le temps de travailler à côté (certains le font, ils sont pour moi des demi-dieux et déesses). Donc cette merveilleuse surprise de frais plus bas que ce que l’on m’avait annoncé n’est pas du luxe, loin de là. La légende personnelle suit son court…

Et ce soir, j’écris parce que je viens de rendre le dernier devoir de mon semestre. Je devais l’envoyer le 5 décembre avant minuit. Je l’ai envoyé à 23h59. Quel soulagement. Le dernier. Ca fait 3 mois que je bosse comme une acharnée. 2 jours par semaine en cours, 3 jours par semaine en stage, et le reste du temps papiers à rendre, présentations à faire pour la classe, plans de séance à établir, notes des patients à rédiger, instruments à travailler, la voix qui se fait la malle un mois sur 2… Je dors peu, je mange encore moins, je ne prends plus le temps de prendre soin de moi. Je me suis inscrite à une salle de sport y’a 2 mois, j’y suis allée 3 fois.p61012-155024

Mais je suis si heureuse… Si heureuse ! J’apprends de belles choses, je suis entourée de gens merveilleux (vraiment, c’est pas mon côté Télétubbies qui parle, je promets). Je fais de la musique tous les jours, avec plein d’instruments différents. Et puis je travaille avec des déficients intellectuels légers 3 fois par semaine. Ils sont au centre où je travaille parce qu’ils veulent développer leur créativité, se faire des amis, sortir de l’isolement, rompre l’ennui, apprendre à oser regarder les gens dans les yeux, ne plus avoir peur du jugement des autres, avoir du fun, ne pas avoir peur de la mort, ne pas avoir peur des humain, d’eux-mêmes… Y’en a qui ont passé leur enfance dans les hôpitaux, à subir des opérations du cerveau, du coeur, whatever. Y’en a qui ont émigré au Canada avec leurs parents parce que dans leur pays, y’avait rien ni personne pour les sauver. Les parents ont parfois vendu leur maison pour pouvoir assurer les frais d’émigration, d’hôpital, d’institutionnalisation. Y’en a qui ont été abandonnés à la naissance parce qu’ils étaient trisomiques. Une autre est née avec masse de problèmes de santé parce que sa mère était cocaïnomane, mère qui n’a pas voulu d’elle, d’autant qu’elle était sourde la pitchoune, en plus d’être mal formée tu comprends ! Y’en a, y’en a… Tous les vécus coexistent dans ce centre. C’est pas facile que tout le monde s’entende et se comprenne, mais petit à petit on s’apprivoise, et c’est beau.

Alors on met en place des objectifs avec eux, et l’on chante. Des chansons que l’on compose, de la pop, la Reine des Neiges en boucle, du Elvis Presley ou du Bob Marley. Aujourd’hui, on a tous chanté One Love, et y’avait tellement de sourires dans cette salle, sur ses visages fatigués et marqués par l’anxiété et le harcèlement. Et on fait des percussions, des impros sur le piano, on rit, on pleure, eux en séance, moi quand je rentre à la maison le soir. Mais quel métier ! Au plus je passe du temps avec mes patients, au plus je me rends compte combien l’on se ressemble vous, nous, eux, tout le monde. La santé mentale, c’est un spectre. Personne n’est totalement clean. Y’a juste des gens plus adeptes que d’autres à gérer leurs difficultés.

Bref, j’ai trouvé ma voie. Je l’ai, mon « vrai » métier, ça y est. Je suis musicothérapeute.

8 commentaires


  1. hey you! tu te rappelles on s’est jamais vu à Melbourne! Je suis revenue sur ton blog il y a quelques jours et me suis abonnée pour pas rater la suite. C’était une bonne idée, je devais être éclairée ce jour là. C’est une bombe en tabarnak que tu nous as pondu. Très contente pour toi, contente de te lire aussi. à dans 2 ans 🙂

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    1. Ouiiii je me rappelle bien sûr 🙂 T’es toujours à Melbourne ou tu as bougé ? Faut que j’aille faire un tour sur ton blog aussi, maintenant que j’ai du temps ! Une bise et belle continuation 🙂

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  2. Pfiou je suis ton blog et ca fait vraiment du bien à tout ceux qui cherchent leur voie, quand on se dit que c’est désespéré, qu’on va être obligé de faire un travail que l’on n’aime pas etc, ben la lecture de ton email redonne de la motivation!! Merci!

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