Trouver un job : WTF N°2 (il fût temps!) et histoires de management.

Oui parce que je l’avais jamais écrit !

Je voulais discuter viteuf d’une de ces fois où je suis allée apporter mon CV dans un resto qui cherchait du personnel, et notamment pour revenir sur ce que j’aurais tendance à appeler Le Management Parfaitement Teubé et Naze du Cul qui est habituellement usité en France et environs.

Explikaysheun : offre pôle emploi, un resto près de chez moi qui recherche une “hôtesse d’accueil” pour donc accueillir et placer les clients en terrasse. Fort bien ! Je postule, et on m’appelle pour me dire de venir me présenter au plus vite.

Et donc, le samedi matin juste après l’appel, parée de ma tenue sportive et de mon tapis de yoga – donc certes, pas très classe, mais néanmoins très réactive – je me pointe au fameux resto.

C’est la barmaid qui me reçoit. Une petite jeune super sympa, énergique, qui me dit que les responsables sont à l’étage et qu’elle va les prévenir de mon arrivée.

Elle leur téléphone, pas de réponse. Une fois, deux fois, trois fois, laisse un message. Rien. Puis des textos. Rien. Je me dis que si elles sont à l’étage, elle pourrait monter les prévenir physiquement, m’enfin apparemment ça a pas l’air si simple. Ma foi.

Et comme ça, j’attends. 5 minutes, 10 mminutes, 15, 20, 25… Pendant ce temps, ma mère m’attend car je dois manger avec elle, je suis donc en retard vénère, mais je me dis que c’est pour l’boulot et que donc ça vaut l’coup…

Et là j’commence à discuter avec la barmaid (parce que j’m’ennuie un brin hein, quand même), et je lui pose des questions. J’lui demande s’il suffit d’accueillir les clients, ou bien s’il faut faire davantage. Là, elle m’apprend qu’il faut “racoler”, type tu vas quérir les gens dans la rue pour les convaincre que ton resto c’est le plus génial et le moins cher de la terre. Bref, j’aime pas trop ça. Pis c’était pas vraiment précisé dans l’annonce. Mais peu importe, je reste et je continue d’attendre.

Et je demande pourquoi ils galèrent tant à trouver quelqu’un pour faire ça, vu que le taf est pas trop mal payé, le resto bien placé et les tâches pas très complexes. Et là, la barmaid me fait :

« Ouais bah… Chais pas tout l’monde s’en va vite. Enfin… Bah au début tu t’fais jeter quoi. Normal. En même temps si tu fais des conneries normal que la boss elle te jette. C’est sûr, les trois premiers jours tu t’fais démonter. Mais c’est pour t’apprendre, c’est pas méchant. Après ça s’calme. Y’a des mecs ils ont pas supporté ils sont partis direct t’sais. Mais c’était sûrement des fils à papa qui avaient pas vraiment besoin d’bosser, sinon y seraient restés. »

Donc on fait l’topo :

  1. Annonce mensongère
  2. Une demi heure de retard de la boss
  3. Turn over de ouf
  4. Bizutage bien chanmé à l’arrivée

Bon moralité j’me suis barrée avant d’avoir pu rencontrer la responsable. Responsable qui ensuite m’a rappelée 3 ou 4 fois dans l’après-midi en s’excusant succinctement de son retard, puis en prenant un ton hypra agacé sur mon répondeur parce que je ne répondais plus aux appels.

Suite de l’histoire : elle m’a rappelée 3 semaines après, pour me demander si j’étais toujours dispo. Et là j’viens de voir l’annonce réactivée sur pôle emploi.

Moralité bis : y’avait clairement un souci dans la gérance de ce resto.

Et donc question : POURQUOI, PUTAIN, ON MANAGE A LA PEUR EN FRANCE ?

  • On réprimande plus que ce qu’on ne félicite,
  • On râle plus que ce qu’on déconne,
  • On impose bien sa supériorité hiérarchique plutôt que la faire oublier,

Et, ô étrangeté, on s’étonne de voir que tout l’monde part en dépression, redoute le lundi, jouit le vendredi aprem, ou attend la retraite comme le St Graal.

Alors heu… j’ai envie de dire : pourquoi on benchmarkise pas un brin ? Pourquoi JAMAIS on regarde qu’est-ce qu’y font les copains voisins ? Et pourquoi chez eux ça roule mieux que chez nous ?

Non parce que, je vais vous apprendre un truc : c’est PAS NORMAL de souffrir au boulot les mecs. C’est pas comme si à la fin d’la vie on en recommençait une nouvelle ! Parce que j’ai l’impression que c’est c’que les gens croient. Nan. A la fin tu crèves et pis c’est tout ! Donc t’as intérêt à faire en sorte que ton présent y soit bien, parce qu’après c’est fini ! Et ça devrait commencer par une réeducation des patrons, des managers et des boss en général.

Purée, j’ressors toujours la même anecdote, mais quand j’taffais en tant que vendeuse au Canada dans une grande enseigne dont le nom dira rien à personne, mon premier manager me ramenait à la maison le soir pour m’éviter d’attendre le bus, celui qui lui a succédé offrait régulièrement des smoothies à toute l’équipe parce qu’il était nouveau et content, quant à mon troisième il nous payait des double cheese le dimanche aprem quand on avait tous une gueule de bois de l’autre monde ! Et vous savez quoi ? Bah même si faire du chiffre et de la vente ça a jamais été ma tasse de thé, bah j’avais envie de bien taffer pour que le magasin tourne bien, et ce dans le but de satisfaire mes managers. Et j’étais sincèrement ravie pour eux quand le big boss passait et les félicitait.

C’est quand même pas compliqué comme règle : en théorie, si on te fait du bien, bah t’as envie d’en faire en retour hein ! C’est comme les sourires.

Alors quoi ? On a peur que ce genre d’attitudes marche pas en France ? Parce qu’on est des profiteurs fainéants ? Je sais pas. Je sais pas pourquoi les managers pensent que dominer et effrayer marche mieux que sympathiser et s’marrer… Qu’ils essaient les deux, et ils verront bien.

Moi, Bisounours Girl, je vote pour la guimauve et les bisous. Je pense que c’est mieux que les baffes et les cris (on parle de boulot hein on est d’accord).

Des bisous, la bonne nuitée.

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